Le départ surprise du directeur général de LFP Media
Nicolas de Tavernost, le directeur général de LFP Media, a annoncé sa démission de ses fonctions à la tête de la filiale commerciale de la Ligue de football professionnel. Cette décision intervient moins d'un an après sa prise de poste, marquant un épisode tumultueux dans la gestion des droits médias du football français.
Un conseil d'administration en urgence
L'annonce a été faite lors d'un conseil d'administration de la Ligue convoqué en urgence le mercredi 11 février. Cette réunion avait pour objectif de discuter des suites à donner à l'accord conclu entre BeIN Sports et la Fédération internationale de football (FIFA) pour la diffusion intégrale de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Cette situation est d'autant plus surprenante que Ligue 1+, la plateforme de LFP Media, avait préalablement trouvé un accord avec la FIFA. Le 28 février, la filiale commerciale de la LFP avait signé un contrat d'environ 20 millions d'euros avec l'instance internationale, qui n'attendait plus que la ratification du Conseil mondial.
Le double jeu de BeIN Sports
La procédure de ratification, généralement considérée comme une formalité, n'a finalement pas abouti. BeIN Sports a en effet doublé LFP Media en concluant un accord direct avec la FIFA pour la diffusion non seulement de la Coupe du monde 2026, mais également de l'édition 2030.
Cette manœuvre a directement impacté la stratégie de LFP Media et a contribué à la décision de Nicolas de Tavernost de quitter ses fonctions. L'ancien patron du groupe M6 et des Girondins de Bordeaux a déclaré au Monde : « Je ne veux pas durablement m'accrocher. », soulignant ainsi son refus de s'engager dans une bataille prolongée pour les droits médias.
Les conséquences pour le football français
Ce départ soulève des questions sur l'avenir de la commercialisation des droits TV du championnat de France. LFP Media, créée pour optimiser les revenus médias de la Ligue 1, se retrouve affaiblie par cet épisode, alors que la concurrence internationale pour les droits de diffusion ne cesse de s'intensifier.
La perte de l'accord pour la Coupe du monde 2026 représente un revers financier significatif, estimé à plusieurs millions d'euros, et pourrait influencer les négociations futures pour les droits de la Ligue 1.