L'État français entre au capital du projet de lithium d'Imerys dans l'Allier
Le groupe minier Imerys a officialisé ce mercredi une entrée de l'État français dans son projet de mine de lithium situé à Beauvoir, dans le département de l'Allier. Cette prise de participation se concrétise par un investissement de 50 millions d'euros effectué par la Banque des Territoires. La finalisation de cette opération financière « est prévue dans les prochains mois », a précisé l'entreprise dans son communiqué.
Un financement crucial pour l'étude de faisabilité
L'apport de l'État, d'un montant de 50 millions d'euros, doit spécifiquement permettre « la finalisation de l'étude de faisabilité définitive ». Cette étude, dont la conclusion est attendue pour le début de l'année 2027, constitue une étape indispensable « avant toute décision finale d'investissement » concernant le futur site industriel. Imerys, qui table sur une mise en service de l'exploitation à l'horizon 2030, a affirmé son intention de « collaborer étroitement » avec l'État dans le cadre de ce qu'elle qualifie de partenariat stratégique.
Sécuriser les ressources critiques pour la souveraineté industrielle
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, s'est félicité de cette initiative. « Cette prise de participation contribue concrètement à la sécurisation des approvisionnements en minerais et métaux critiques », a-t-il déclaré. Bercy a souligné que ce projet illustrait la volonté de couvrir une partie des besoins nationaux avec une exploitation modèle. « Une mine du XXIe siècle, répondant aux meilleurs standards environnementaux et sociaux, que nous souhaitons encourager partout dans le monde », a précisé le ministère.
Le gisement de Beauvoir est présenté par Imerys comme l'un des « cinq premiers » gisements de lithium en roche dure à l'échelle mondiale, par opposition aux gisements de saumure. Selon les estimations de l'entreprise, cette mine pourrait à terme alimenter en lithium environ 700 000 véhicules électriques par an, tout en cherchant à minimiser son empreinte environnementale.
Imerys reste ouvert à d'autres partenariats financiers
Lors d'un point presse téléphonique, le directeur général d'Imerys, Alessandro Dazza, a indiqué que le groupe restait « a priori » à la recherche d'autres partenaires financiers pour l'exploitation, même si cette décision devra être prise « avec notre partenaire actuel », l'État. « On a toujours dit qu'on ne peut pas faire tout seul », a rappelé M. Dazza. Il a précisé que détenir la majorité du capital de l'exploitation n'était pas une condition nécessaire pour Imerys. « On a l'expertise et on fait (ce genre d'activité) tous les jours dans le monde, donc nous espérons être la société qui gère le projet », a-t-il affirmé.
Cette annonce intervient dans un contexte particulier pour le groupe. Imerys, qui publiera ses résultats annuels le 19 février, avait dévoilé fin octobre un plan de réduction des coûts et d'amélioration de ses performances pour redresser sa rentabilité. Ce plan fait suite à un ralentissement d'activité observé sur ses principaux marchés au deuxième trimestre. Le groupe, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 3,6 milliards d'euros en 2024 et emploie 12 400 personnes dans 40 pays, renforce ainsi son ancrage stratégique dans la filière des matériaux critiques.



