Le Sénat a voté mardi en première lecture une proposition de loi visant à rendre obligatoire l'installation de récepteurs hertziens (FM ou DAB+) dans tous les véhicules neufs. L'objectif est de préserver l'écoute de la radio, média encore plébiscité mais dont les audiences reculent. Selon Médiamétrie, 38 millions de Français écoutent toujours quotidiennement la radio, mais l'audience a baissé de 18 % entre 2015 et 2025, avec une érosion encore plus marquée chez les jeunes générations.
Une proposition de loi pour contrer l'érosion des audiences
Cette initiative est portée par le sénateur centriste Laurent Lafon (UDI). Son objectif : « permettre à la radio de poursuivre sa modernisation et de desserrer les contraintes qui la fragilisent », a-t-il détaillé. Le texte impose aux constructeurs d'équiper leurs véhicules d'un récepteur FM ou DAB+, la technologie de diffusion hertzienne numérique vouée à remplacer la FM.
La ministre de la Culture Catherine Pégard a soutenu l'initiative, susceptible selon elle de « renforcer un média de référence pour tous les Français », particulièrement utile « en temps de crise » comme lors de « catastrophes naturelles » où le poste de radio est parfois l'unique moyen de se tenir informé.
Un enjeu majeur : un tiers de l'écoute se fait en voiture
L'enjeu est important, car environ un tiers de l'écoute de la radio se fait en voiture, selon les données de Médiamétrie. Les radios publiques, privées et associatives avaient formulé fin septembre un appel en ce sens. Elles s'inquiétaient notamment de l'absence dans certains véhicules américains ou chinois d'un tel récepteur dans leur équipement multimédia.
Le texte du Sénat, désormais transmis à l'Assemblée nationale, prévoit également d'accélérer le déploiement du DAB+. Alors que l'Arcom a fixé à l'ensemble des radios l'objectif de basculer au tout-numérique en 2033 - avec le DAB+ d'une part et internet de l'autre - les sénateurs imposent aux industriels de rendre tous leurs équipements radio compatibles au DAB+ dans un délai de deux ans. « Des postes d'entrée de gamme incompatibles continuent en effet d'être vendus, retardant le renouvellement du parc », a justifié Laurent Lafon.
Allègement des mentions légales publicitaires
Moins consensuel, un article de la proposition de loi s'attaque aussi aux mentions légales obligatoires dans les messages publicitaires à la radio, dont la lourdeur est dénoncée au Sénat, autant que leur effet dissuasif pour les annonceurs. « L'abus d'alcool est dangereux pour la santé », « Demandez conseil à votre pharmacien », « Mangez au moins cinq fruits et légumes par jour »… Les radios seraient dispensées de certains de ces messages préventifs, à condition qu'elles diffusent en parallèle des campagnes d'intérêt général ou des programmes d'information consacrés aux mêmes thématiques.