Le sourire aux lèvres et une chevelure flamboyante. À 23 ans, Pauline Dubuisson détonne dans les grands hangars de la direction départementale du Sdis 51 à Fagnières, près de Châlons-en-Champagne. Depuis le 15 avril, elle est devenue la première femme mécanicienne à intégrer cet atelier stratégique où l'on veille sur toute la flotte des pompiers.
Un parcours atypique
Pourtant, rien ne la prédestinait à cet univers. Après un CAP et un Bac pro, la jeune femme préparait un titre de technicien expert (équivalent BTS) en alternance dans un garage de Condé-sur-Marne. Mais l'envie de voir plus grand, plus complexe, l'a alors titillé. Un midi, elle tombe sur une annonce : le Sdis cherche un mécanicien. Pauline tente sa chance, au culot.
« Ce n'est pas une candidature anodine. Ils avaient besoin d'une personne de confiance et qui avait soif d'apprendre », confie-t-elle. Son profil fait mouche : elle est jeune, débrouillarde et affiche « une vraie envie d'apprendre ».
Un quotidien varié et exigeant
Aujourd'hui, elle a donc troqué les révisions de citadines pour des interventions sur une flotte de 450 véhicules dont une cinquantaine de poids lourds et une cinquantaine d'ambulances. « Ce n'est pas du tout comme dans un garage classique, explique la jeune femme. C'est très varié car on passe d'un camion-citerne à une ambulance ou un fourgon. On voit le système pneumatique des poids lourds et tout l'aspect hydraulique pour les pompes à eau. »
L'enjeu est de taille : chaque matin, la liste des véhicules opérationnels doit être validée. Chaque véhicule nécessite une expertise particulière, mêlant mécanique pure, hydraulique pour les pompes à eau ou mécanique pour les sirènes. Et tout doit être opérationnel avant de partir en intervention. La sécurité des pompiers et des victimes en dépend. Pauline est donc très minutieuse.
Un accueil chaleureux dans un milieu masculin
« À l'intérieur de l'ambulance, on vérifie que tout fonctionne. Que ça soit les tiroirs qui s'ouvrent bien pour récupérer le matériel, ou les charnières des armoires. Tout doit être en place même les brancards qui doivent coulisser facilement ». Dans cet univers très masculin, l'accueil a été sans faille.
« À chaque fois que je croise de nouveaux pompiers, j'ai le droit à un Bienvenue chez nous. Ça ne m'était pas arrivé avant de me sentir aussi vite intégrée », glisse-t-elle. Et à ceux qui pensent que le métier de mécanicien poids lourd est une question de muscles, Pauline répond avec pragmatisme. « On a des ponts élévateurs et d'autres outillages. C'est parfois plus dur pour les pièces mécaniques très lourdes. Mais il faut réfléchir et trouver des solutions pour en porter le moins possible »
Une formation continue et une mission valorisante
Bientôt, la jeune mécanicienne se formera à la maintenance des grandes échelles, une technologie qui la fascine. En attendant, elle savoure la dimension humaine de son poste. « C'est valorisant de savoir que les pompiers ont besoin de moi et de mes collègues pour pouvoir partir en mission. » À Châlons, Pauline n'est plus seulement mécanicienne : elle est un maillon essentiel de la chaîne de secours de la Marne.



