Les lycéens mobilisés depuis plus d'une semaine dénoncent la surcharge des classes. « 35 par classe et vous appelez ça de bonnes conditions », peut-on lire sur des pancartes. Des élèves des lycées Lamartine et Siegfried à Paris rapportent : « Certains cours, on est à 39 par salle, ils veulent redescendre à 35, mais c'est toujours trop… » Le corps enseignant admet que cette configuration est loin d'être idéale pour l'apprentissage.
Des effectifs records selon la DEPP
Les chiffres du service statistique du ministère de l'Éducation nationale (DEPP) montrent que les lycéens en formation générale et technologique n'ont jamais été aussi nombreux par classe. En comptant les établissements publics et privés sous contrat, ils sont désormais 30,2 en moyenne. Le précédent pic datait de 1990 avec 29,7, avant une baisse à 27,9 en 2000 et 2010, puis une hausse jusqu'au record actuel.
La DEPP précise que les classes sont en moyenne moins chargées dans les lycées privés sous contrat, avec un à deux élèves de moins par classe. En revanche, pour l'enseignement professionnel, la tendance est inversée : les élèves n'ont jamais été aussi peu nombreux, avec une moyenne de 18,4 par classe, contre 23,5 en 1980, 22,7 en 1990, 19,9 en 2000 et 19,2 en 2010. Cette baisse s'explique par un nombre plus faible de jeunes choisissant ces formations.
La CGT dénonce des conditions dégradées
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a affirmé sur TF1 ce lundi 5 octobre : « Le nombre d'élèves par classe n'a jamais été aussi élevé. » Elle ajoute : « Pourquoi est-ce que nous sommes face à une mobilisation lycéenne inédite ? Parce que leurs conditions d'études ont rarement été aussi dégradées. »
Au-delà de cette tendance, deux autres facteurs expliquent la hausse : les suppressions de classes et de postes d'enseignants. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé que le budget 2027 prévoyait la suppression de 1.588 postes d'enseignants titulaires, dont 1.250 dans l'enseignement public, premier et second degrés confondus.
Le gouvernement justifie par la démographie
Le gouvernement justifie ce choix par une baisse démographique. Selon ses estimations, les effectifs baisseraient de 1,7 million d'élèves d'ici à 2035. La DEPP prévoit qu'au lycée général et technologique, la baisse serait de 173.500 élèves, soit -10,8 %. Édouard Geffray se défend : « Si on appliquait une stricte proportionnalité, nous devrions supprimer 9.600 postes. »
Plusieurs politiques, comme le député insoumis Paul Vannier, appellent à profiter de cette baisse démographique pour réduire les effectifs par classe, y voyant une « opportunité historique ». Cette annonce de suppressions de postes risque d'alimenter la colère des lycéens, alors que les blocus se poursuivent dans plusieurs établissements.