Grève historique à la poudrerie Eurenco de Bergerac pour de meilleurs salaires
Grève à Eurenco Bergerac pour salaires et conditions de travail

Mobilisation persistante à l'usine Eurenco de Bergerac

La grève se poursuit sans relâche à la poudrerie Eurenco de Bergerac, en Dordogne. Ce mercredi 11 février, une petite centaine de manifestants s'est rassemblée devant l'usine, marquant le début de la quatrième semaine de mobilisation. Les salariés réclament avec détermination de meilleures conditions de rémunération et de travail, dans un contexte de tensions sociales croissantes.

Un bras de fer judiciaire imminent

La lutte prendra une tournure judiciaire ce jeudi 12 février à 14 heures. Les syndicats ont en effet assigné l'entreprise Eurenco en référé devant le tribunal judiciaire de Bergerac, situé au palais des Carmes. Ils accusent la direction d'un trouble manifestement illicite portant atteinte au droit de grève, en remplaçant systématiquement les grévistes par des travailleurs intérimaires. La direction, quant à elle, conteste fermement ces allégations, créant un climat de confrontation exacerbé.

Revendications salariales et précarité

Depuis le 20 janvier, les employés exigent notamment des augmentations de salaires substantielles, à hauteur de 130 euros brut, ainsi que la titularisation des travailleurs précaires. Laurent, un salarié vétéran de vingt-neuf ans, exprime son incompréhension : « Aujourd'hui, il y a un énorme gâteau sur la table et la direction nous propose des miettes. On ne comprend pas. » Les syndicats soutiennent que le groupe a accumulé un excédent brut d'exploitation de 125 millions d'euros en 2025, tout en proposant des hausses jugées dérisoires lors des négociations annuelles obligatoires.

Sous-effectifs chroniques et investissements nécessaires

Alors qu'Eurenco, leader européen des matières explosives, bénéficie d'un carnet de commandes en pleine expansion en raison des tensions internationales, les syndicats dénoncent un manque de moyens pour recruter et moderniser les outils de production. David Lorgue, représentant CGT, alerte : « Dans les services support, on est en sous-effectifs chroniques. Mais pour recruter, il faut proposer des salaires à la hauteur de nos responsabilités. Les installations de nitrocellulose vieillissent et mériteraient beaucoup d'investissements. »

Soutien syndical et perspectives

Les manifestants ont reçu le soutien notable des représentants de la fédération nationale FO Défense, renforçant leur détermination. Frédéric, un employé avec vingt-cinq ans d'ancienneté, résume le sentiment général : « Pour moi, ça représente 25 euros en plus, alors qu'on n'a jamais eu autant de travail. On se moque de nous. » Face à cette impasse, des grèves perlées risquent de se poursuivre toute la semaine, prolongeant un conflit qui semble loin d'être résolu.