Dix jeunes du quartier Bon-Voyage à Nice ont passé une semaine à repeindre une résidence sociale située au 222, route de Turin. Cette initiative, menée par le bailleur social Côte d'Azur Habitat, vise à offrir une première expérience professionnelle et un coup de pouce financier d'environ 600 euros pour financer leur permis de conduire.
Une semaine de travail pour redonner un coup de neuf
Les jeunes, cinq filles et cinq garçons, ont repeint l'ensemble des soubassements de la résidence, du bâtiment principal au garage, en passant par les pots de fleurs en béton. Pour beaucoup, c'était une première expérience avec un pinceau. La résidence avait souffert de problèmes de squat, de sécurité et de deal pendant plusieurs années, laissant les murs dégradés et tagués.
« Ces grosses problématiques ont fait que nos locataires se sentaient vraiment en insécurité », explique Alexandra Traversier, responsable du service Développement social et urbain chez Côte d'Azur Habitat. Après avoir missionné un gardien pour reprendre en main le site, le bailleur a fait appel à deux associations, PAJE et ALC, pour accompagner les jeunes des quartiers prioritaires dans ce chantier solidaire.
Un financement pour le permis de conduire
En échange de leur travail, la préfecture des Alpes-Maritimes offre environ 600 euros à chaque jeune pour financer son permis de conduire. « Ça nous a appris à peindre. Ça peut nous aider plus tard ou même pour faire des travaux dans notre appartement. Mais ça nous montre aussi qu'il y a des règles, qu'il faut être à l'heure, se réveiller le matin, se motiver », témoigne Lina, 18 ans, en foyer depuis un an et demi.
« On travaille dans la joie, en souriant, en rigolant », ajoute Ayoub, qui envisage désormais de se tourner vers la peinture en bâtiment. Leslie, 25 ans et mère de deux enfants, se réjouit de pouvoir bientôt passer le permis grâce à cette initiative.
Un accompagnement renforcé et un cercle vertueux
Cette année, Côte d'Azur Habitat a innové en missionnant directement un de ses salariés, Tarek, technicien intervenant sur les résidences du bailleur, pour accompagner les jeunes. « Le tout, c'est de savoir tenir la corde mais en laissant un peu de mou. Ce sont des jeunes qui ont envie, mais on ne leur tend pas assez la main », regrette Tarek.
Le bailleur social a fourni peinture, matériel et équipements de protection. « L'objectif derrière tout cela, c'est l'insertion des jeunes. Et ce dispositif est un véritable cercle vertueux, car lorsque tout est propre, le sentiment d'insécurité chez nos locataires s'étiole un peu », assure Alexandra Traversier.