Le taux de chômage en France a franchi la barre des 8% au premier trimestre 2026, une première depuis cinq ans, selon les chiffres publiés ce mercredi 13 mai par l'Insee. Cette hausse intervient dans un contexte de ralentissement économique et touche particulièrement les jeunes.
Un taux de chômage en hausse
Pour la première fois en cinq ans, le taux de chômage repasse au-dessus de 8%, avec une augmentation de 0,2 point par rapport au trimestre précédent et de 0,7 point sur un an. Au sens du Bureau international du Travail, il atteint 8,1%. Le nombre de personnes sans emploi et en recherche active augmente de 68 000 sur un trimestre, pour atteindre 2,6 millions de personnes.
L'objectif d'Emmanuel Macron de ramener le taux de chômage à 5% d'ici 2027 semble désormais hors d'atteinte. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a toutefois relativisé : lors du précédent ralentissement après 2012, le taux dépassait 10%. Il a souligné que depuis 2010, l'économie française a créé près de quatre millions d'emplois nets.
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a noté que le taux d'emploi est au plus haut depuis 50 ans, à 69,5% chez les 15-64 ans. Cependant, ce taux diminue de 0,5 point chez les 15-24 ans sur un an, tandis qu'il augmente de 0,6 point chez les 55-64 ans.
Les causes de cette hausse
Selon Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l'OFCE, cette hausse du chômage est liée à une augmentation de la population active. L'économie ne crée pas assez d'emplois pour absorber les nouveaux entrants. Il estime qu'une hausse du chômage avec une baisse de la population active serait plus problématique.
Les jeunes particulièrement touchés
Nathalie Chusseau, professeure d'économie à l'Université de Lille, observe que sur un an, l'essentiel de la hausse provient du chômage des jeunes : +2% pour les 15-24 ans, à 21,1%. Les jeunes, y compris qualifiés, rencontrent des difficultés croissantes d'insertion sur le marché du travail, avec une durée d'obtention du premier emploi qui s'allonge.
Le nombre de jeunes de 15 à 29 ans ni en emploi, ni en études ou formation (NEET) a augmenté de 0,4 point sur un an et de 0,9 point depuis 2019, pour atteindre 13,1%.
Par rapport au quatrième trimestre 2025, le taux de chômage des 15-24 ans a baissé de 0,4 point, mais cette baisse n'est pas statistiquement significative selon Vladimir Passeron de l'Insee, qui retient la hausse de 2 points sur un an. Le chômage des 25-49 ans s'est dégradé de 0,4 point sur le trimestre et de 0,6 point sur un an, à 7,3%, tandis qu'il reste quasi stable chez les seniors à 5,1%.
L'Insee précise que depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein-emploi en janvier 2025, les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage, car ils sont désormais automatiquement inscrits à France Travail. Cela facilite leur classement comme chômeurs au sens du BIT, même temporairement.



