Le taux de chômage en France a franchi la barre des 8 %, une première depuis 2021, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) ce mercredi. Le nombre de personnes sans emploi et qui en recherchent activement un augmente de 68 000 par rapport au trimestre précédent, s'établissant à 2,6 millions de personnes.
Un contexte morose, mais pas catastrophique
Avec la guerre au Moyen-Orient, les perspectives sur l'emploi sont moroses. Et l'objectif d'Emmanuel Macron de ramener le taux de chômage à 5 % à la fin de son second mandat en 2027 paraît désormais inatteignable. Le tableau de l'emploi en France est-il pour autant catastrophique ? Plusieurs indicateurs et initiatives pourraient infirmer ce constat.
Un chômage haut, mais pas record
Comme le précise l'Insee dans sa présentation mercredi, le taux de chômage à son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021, « mais il demeure nettement au-dessous de son pic de la mi-2015 (-2,4 points) », à 10,5 %.
Un fort taux d'emploi et un taux d'activité record
Bien que le chômage augmente, la part des 15-64 ans en emploi est proche de son niveau quasi-historique, à 69,4 % au quatrième trimestre de 2025, selon la direction du ministère du Travail Dares. Ce qui semble un paradoxe s'explique en partie par une hausse du taux d'activité. Plus de Français retournent ou entrent sur le marché du travail, ce qui gonfle le nombre de personnes en recherche d'emploi, sans destruction massive d'emplois. Au 4e trimestre 2025, ce taux d'activité progresse, et atteint un nouveau plus haut historique, s'établissant à 75,4 %, selon la Dares. Davantage de personnes travaillent aujourd'hui qu'après la crise sanitaire du Covid.
Plusieurs secteurs embauchent toujours (et beaucoup)
Plusieurs secteurs continuent de recruter en France. Les besoins de main-d'œuvre sont importants dans la santé, la logistique, le numérique, le BTP ou la transition énergétique. Dans ces filières, des formations ciblées peuvent, à court terme, produire des embauches. Par ailleurs, la proportion d'entreprises concernées par des difficultés de recrutement et par des limitations de leur activité par manque de personnel poursuit sa décrue en France en janvier 2026 dans la plupart des secteurs, précise l'Insee. Le taux d'emplois vacants continue également de baisser au 4e trimestre 2025.
Le nombre de personnes qui ne recherchent pas d'emploi en baisse
Aux 2,6 millions de personnes considérées comme étant au chômage en France, s'ajoutent 1,8 million de personnes qui souhaitent un emploi sans être considérées comme chômeurs, parce qu'elles ne recherchent pas d'emploi, ou ne sont pas immédiatement disponibles sur le marché du travail. Leur « nombre diminue nettement sur le trimestre » de 62 000 personnes, précise l'Insee.
Le secteur public crée de l'emploi
Le secteur public reste une locomotive pour la création d'emplois en France, avec le recours toujours plus important des contractuels. Selon l'Insee, 32 800 agents supplémentaires ont été recrutés en 2024, soit une hausse de 0,6 %, portant les effectifs à 5,9 millions. Ce chiffre continue d'augmenter légèrement aux deuxième et troisième trimestres 2025, avec 8 700 et 16 600 emplois supplémentaires. Entre la fin 2019 et aujourd'hui, près de 200 000 emplois dans le secteur public ont été créés.
Un plan d'action pour les jeunes, les plus touchés par le chômage
Le chômage touche particulièrement les jeunes, ce qui constitue un défi social et économique majeur. Sur le premier trimestre, si le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans diminue légèrement, il atteint toujours un taux considérable de 21,1 %. Depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein-emploi, début 2025, l'Insee souligne que « les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage ». En comparaison, le chômage reste quasi stable chez les seniors, à 5,1 %.
Pour lutter contre ce chômage structurel des jeunes, le gouvernement a présenté début mai une stratégie baptisée « Emploi futur ». Celle-ci comprend 15 mesures pour améliorer leur insertion professionnelle, et vise à porter leur taux d'emploi à 40 % d'ici 2030, contre 34,3 % fin 2025. Le plan mise sur la formation et l'orientation vers des métiers qui recrutent, ou que les dispositifs d'accompagnement atteignent les publics les plus éloignés de l'emploi.



