Un baromètre publié par la CFDT, réalisé en partenariat avec l’institut de sondage Viavoice, dresse un tableau très sombre de l’état d’esprit des fonctionnaires en France. L’enquête, menée auprès d’un échantillon représentatif de 3 000 agents publics, met en lumière une dégradation significative de leur moral et de leur perception de leur métier.
Un moral en berne
Selon ce baromètre, 68 % des fonctionnaires estiment que leur moral s’est dégradé au cours des dernières années. Seuls 32 % se disent optimistes quant à l’avenir de la fonction publique. Les causes de ce pessimisme sont multiples : perte de sens au travail, manque de reconnaissance, conditions de travail difficiles et réformes successives jugées anxiogènes.
Les principales sources d’insatisfaction
- Perte de sens : 59 % des agents estiment que leur travail a perdu de son sens, notamment en raison de la bureaucratie et de l’éloignement des missions de service public.
- Reconnaissance : 72 % se sentent insuffisamment reconnus par leur hiérarchie et par la société.
- Conditions de travail : 65 % jugent leurs conditions de travail dégradées, avec une intensification des tâches et un manque de moyens.
- Réformes : 81 % des fonctionnaires estiment que les réformes menées ces dernières années ont eu un impact négatif sur leur quotidien.
Un sentiment d’abandon
Le baromètre souligne également un sentiment d’abandon de la part de l’État. 74 % des agents considèrent que leur employeur public ne fait pas assez pour améliorer leur situation. Les attentes sont fortes en matière de revalorisation salariale, d’amélioration des perspectives de carrière et de simplification des procédures administratives.
Des disparités selon les secteurs
L’enquête révèle des disparités selon les secteurs de la fonction publique. Les agents de l’Éducation nationale et de la Santé sont particulièrement touchés par la dégradation du moral, avec respectivement 71 % et 73 % d’entre eux déclarant un état d’esprit sombre. En revanche, les agents des collectivités territoriales sont légèrement moins pessimistes, avec 62 % de mécontents.
Les revendications de la CFDT
Face à ce constat, la CFDT appelle à un « plan d’urgence » pour la fonction publique. Le syndicat réclame notamment une revalorisation des salaires, un plan de recrutement massif pour faire face aux départs à la retraite, et une refonte des méthodes de management. « Les fonctionnaires ne sont pas des variables d’ajustement », insiste le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. « Il est urgent de redonner du sens et de l’attractivité à ces métiers essentiels pour la cohésion de notre pays. »
Ce baromètre intervient alors que le gouvernement prépare une nouvelle réforme de la fonction publique, qui suscite déjà de vives inquiétudes parmi les syndicats. La CFDT espère que ces chiffres inciteront l’exécutif à prendre en compte le malaise profond des agents publics.



