L'étude Les Enchères du Midi, dirigée par les commissaires-priseurs Déborah Boisselier et Romain Clertan à Béziers, organise une vente de rentrée le mardi 22 septembre. Cette vente comptera 237 lots, dont une quarantaine provenant du Crédit municipal biterrois. L'événement est ouvert à tous, avec des objets accessibles à toutes les bourses.
Une vente ouverte à tous
Déborah Boisselier souhaite faire tomber la barrière qui pourrait dissuader certains de pousser la porte de l'hôtel des ventes. « Les ventes sont publiques, ouvertes à tous. Et surtout, il y en a pour toutes les bourses », explique-t-elle. Les raisons qui conduisent un objet jusqu'à la salle des ventes sont multiples : succession, déménagement, souci financier, disparition d'un proche.
Pour chaque objet, il y a souvent davantage qu'une simple estimation. « On entre vraiment dans des chroniques de famille », confie celle qui exerce ce métier depuis plus de vingt ans. « Parfois les personnes ne sont plus là, il faut quand même leur rendre hommage. Ça peut être émouvant de voir des vies, des souvenirs, passer sous le marteau. Mais c'est aussi une transmission : les objets repartent dans une autre famille, ils revivent et leur histoire passe de main en main. »
Une consommation alternative
Les enchères représentent aussi une manière de consommer autrement, de favoriser le réemploi, « d'autant qu'il n'y a plus dans les meubles anciens de produits nocifs ». Le marché du mobilier a certes changé, les armoires imposantes ne font plus recette en raison de logements plus petits et de la généralisation des placards et dressings. Cependant, « bijoux, horlogerie, verrerie ou tableaux portant de bonnes signatures sont des catégories qui fonctionnent bien ».
Déborah Boisselier, diplômée de l'École du Louvre et titulaire d'un master 2 de droit en fiscalité du marché de l'art, décrit son métier comme celui d'un « médecin généraliste » de l'art. À Béziers, il faut être capable de tout estimer. « On se complète avec mon associé Romain Clertan. Il y a le fruit de l'expérience, de nombreuses bases de données qui suivent l'évolution des marchés et il faut savoir faire appel à un spécialiste lorsque c'est nécessaire ».
Des acheteurs internationaux
Le développement du numérique a transformé le métier. Les acheteurs ne sont plus nécessairement assis dans la salle. « Grâce au live, une vente peut être suivie par 400 à 500 personnes et les enchères peuvent partir bien au-delà de Béziers », précise la commissaire-priseur. L'étude compte ainsi des acheteurs jusqu'en Australie ou en Ontario.
Le plaisir physique de l'enchère reste intact : « C'est amusant d'avoir la petite adrénaline, le cœur qui bat, qui palpite, et de se demander : “Est-ce que je vais l'avoir ? À combien je vais m'arrêter ?” ». Elle conclut : « J'ai toujours autant de plaisir à exercer ce métier. D'autant qu'on se dit toujours qu'on va tomber sur un trésor, une pièce rare… »
Une quarantaine de lots du Crédit municipal
La vente débutera à 14 h. Une vente judiciaire intervient dans le cadre du partenariat entre le Crédit municipal de Béziers et Les Enchères du Midi. Les objets concernés proviennent de prêts sur gage : une personne dépose un bijou ou un objet auprès du Crédit municipal en contrepartie d'un prêt. Si elle ne rembourse pas dans le délai prévu et ne récupère pas son bien, celui-ci peut être vendu aux enchères. « Si le bien est adjugé au-delà du montant du gage, le Crédit municipal se rembourse et le “boni” est reversé à la personne concernée », explique Déborah Boisselier.
Les meubles et objets sont visibles avant la vente, lors de l'exposition organisée par l'étude. Une façon, pour les acheteurs, de les regarder de près, de vérifier leur état et leurs dimensions, et peut-être de se laisser tenter.



