Dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 juillet, une rupture souterraine de la digue a vidé le plan d’eau de la Cèze au moulin du Roc tombé, sur la commune de Saint-Ambroix, dans le Gard. L’incident, survenu alors que la saison touristique bat son plein, a provoqué une baisse spectaculaire du niveau de la rivière, mettant en péril les activités économiques locales.
Un constat alarmant au réveil
Daniel Pialet, propriétaire du moulin du Roc tombé et ancien maire de Saint-Ambroix, a découvert la situation ce vendredi matin : « En ouvrant mes volets, j’ai vu qu’il n’y avait plus d’eau dans la Cèze. J’ai compris tout de suite que quelque chose s’était passé avec la digue. L’eau a creusé une sorte de tunnel sous les fondations et a vidé tout le plan d’eau. La digue est intacte en surface, mais la rupture est souterraine. Heureusement, cela s’est produit pendant la nuit, sans faire de blessés. »
Réaction des autorités
Le maire de Saint-Ambroix, Jean-Pierre De Faria, a immédiatement pris des mesures : « Nous nous sommes d’abord assurés qu’il n’y avait pas de dégâts corporels ou matériels. Avec les services techniques, nous avons analysé la situation. La priorité était la gestion de l’eau potable. L’Agence régionale de santé (ARS) et les services de la préfecture ont été mobilisés. Des contrôles renforcés sont effectués, mais l’eau du robinet reste potable. »
Par précaution, un arrêté municipal a interdit la baignade dans le secteur pour le week-end. Le maire a également saisi le sous-préfet d’Alès, Émile Soumbo, pour trouver des solutions à long terme.
Impact économique immédiat
L’incident tombe au pire moment pour les professionnels du tourisme. Ghislain Langlois, patron de Cap canoë, tire la sonnette d’alarme : « C’est le plus gros week-end de la saison. Rien que pour vendredi matin, j’ai perdu les réservations d’une centaine de clients, soit environ 60 bateaux, sans compter les gens de passage. Avec la perte du plan d’eau, le circuit sur la Cèze pour les canoës est amputé des trois quarts : six kilomètres sur huit ne sont plus exploitables. »
Le loueur a envoyé des patrouilles de reconnaissance en amont pour trouver une solution de repli. Il espère que les autorités prendront la mesure du problème : « Sans rivière, on perd les touristes, on perd de l’activité économique. La rivière génère près de 320 000 euros par an de taxe de séjour, de TVA, d’impôts et de retombées économiques diverses. »
Suivi environnemental
Le syndicat AB Cèze, gestionnaire de la rivière, reste attentif. « Nous n’avons pas d’observation particulière concernant cette digue, mais s’il doit y avoir des travaux, nous serons vigilants aux possibles impacts sur le milieu naturel », indique-t-il. Les services de l’État et la mairie doivent se réunir mardi pour décider des suites à donner.



