Santé : le gouvernement abandonne l'interdiction de la pub pour lunettes et aides auditives
Pub lunettes et aides auditives : le gouvernement recule

Le ministère de la Santé a annoncé ce jeudi renoncer au projet d'interdiction de la publicité en faveur des lunettes et des prothèses auditives, une décision qui fait suite à la mobilisation des professionnels du secteur. L'information, révélée par 20 Minutes, marque un revirement alors que la direction de la Sécurité sociale avait engagé en septembre une consultation auprès de l'ensemble des acteurs concernés.

Un projet d'arrêté abandonné après concertation

Début septembre, la direction de la Sécurité sociale avait consulté les professionnels de l'optique et de l'audition pour mettre fin à ce qu'elle considérait comme « des dérives ». Le gouvernement souhaitait alors mettre un terme au matraquage publicitaire, avec des offres telles que « un appareil acheté, un cadeau offert » ou la promesse d'une deuxième paire gratuite. L'objectif était d'interdire la publicité pour ces deux produits, qui sont en partie remboursés et échappent pourtant à l'interdiction visant les dispositifs pris en charge par la Sécurité sociale.

Cette dérogation devait être annulée, mais elle va pouvoir perdurer. Selon les services de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, « nous avons écouté et nous écartons le projet d'arrêté afin d'étudier l'ensemble des options intéressantes proposées ». Cette décision intervient après plusieurs jours de forte opposition de poids lourds du secteur, notamment Krys, Afflelou, le Rassemblement des opticiens de France (ROF) et le Groupement des industriels et fabricants de l'optique.

Les professionnels défendent la publicité et l'emploi

Les opposants au projet d'interdiction ont fait valoir que la publicité permet de maintenir « la compétitivité et la pérennité » de l'industrie de la lunette française. Ils craignaient que « plusieurs milliers d'emplois pourraient être menacés ». Leur demande de retrait a été entendue par le ministère, qui a choisi de privilégier d'autres solutions moins radicales.

D'après les services de la ministre, la concertation lancée en septembre a permis de trouver des alternatives. « Nous avons senti le secteur s'emparer de ces enjeux de fraudes et de communications abusives qui nuisent à la qualité des soins », précise le cabinet de la ministre à 20 Minutes. Cette position marque un changement de cap par rapport au projet initial.

Vers une régulation plutôt qu'une interdiction

Le Rassemblement des opticiens de France se félicite de cet abandon, défendant « une logique de régulation plutôt que d'interdiction ». L'organisation attend désormais de « mieux définir les règles, responsabiliser les acteurs, renforcer les contrôles et sanctionner les dérives ». Cette approche pourrait se traduire par des mesures ciblées pour encadrer les pratiques publicitaires sans les supprimer.

Le ministère de la Santé va maintenant étudier les options proposées lors de la concertation. Les professionnels du secteur, qui avaient soutenu le projet d'arrêté initial, devront s'adapter à cette nouvelle orientation. La décision finale devrait être annoncée dans les prochaines semaines, alors que les syndicats et industriels attendent des précisions sur les règles qui seront mises en place.