L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié mercredi un rapport alertant sur la « persistance du mésusage » des médicaments contre l'obésité et le diabète de type 2, détournés pour perdre du poids hors cadre médical. Ce phénomène, popularisé par plusieurs stars, est associé « à des complications graves ».
36 signalements dont 17 cas graves en un an
Entre février 2025 et janvier 2026, 36 signalements d'effets indésirables liés à cette prise détournée de médicaments dits « aGLP-1 » ont été enregistrés en France. Parmi eux, 17 cas graves ont été recensés. Selon l'agence, ces effets indésirables touchent « plutôt des personnes jeunes ».
L'ANSM précise que « dans deux cas sur trois, le médicament avait été obtenu en dehors des circuits officiels (par Internet, l’entourage, à l’étranger) ». De plus, dans 90 % des situations, « les doses utilisées étaient trop élevées ou augmentées trop rapidement par rapport aux recommandations ».
Pancréatites aiguës et troubles gastro-intestinaux
Parmi les 17 cas graves figurent cinq pancréatites aiguës, une inflammation soudaine et brutale du pancréas. Cette complication connue du traitement touche aussi certains patients sous prescription. De manière générale, les effets les plus fréquents, figurant sur les notices, sont les troubles gastro-intestinaux qui peuvent conduire jusqu’à une hospitalisation.
840 000 patients traités, 515 cas graves signalés
Quatre médicaments, dont l’Ozempic, sont indiqués contre le diabète de type 2, tandis que trois autres, comme le Wegovy, sont prescrits pour le contrôle du poids et l’obésité. Toutes utilisations confondues, plus de 840 000 patients ont reçu un traitement « aGLP-1 » sur un an. Et 2 801 cas d’effets indésirables ont été signalés, dont 515 graves.