Les fonds en euros anticipent une rémunération moyenne de 2,65 % à 2,70 % pour 2025
Bien qu'il soit encore prématuré de l'affirmer catégoriquement, les résultats du marché ne devant être consolidés qu'en mars prochain, la rémunération moyenne des supports en euros devrait se situer « aux alentours de 2,65 %-2,70 % pour l'ensemble de la place » pour l'exercice 2025. Cette projection est avancée par Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site d'informations Good Value for Money (GVfM). Ce taux, qui est net des frais de gestion mais pas des frais sur versements, doit ensuite être ajusté à la baisse par les prélèvements sociaux, maintenus à 17,2 %.
Un rendement net d'inflation estimé à 1,29 %
En retenant l'hypothèse d'une performance moyenne de 2,65 %, le taux net après prélèvements sociaux s'établit à 2,19 %. Compte tenu d'une inflation de 0,9 % enregistrée l'an passé, la valeur nette d'inflation atteindrait ainsi environ 1,29 %. Cette rémunération, sans être exceptionnelle, signe le retour d'un bon rapport rendement-risque pour ces supports, dont le capital est garanti à tout moment par l'assureur et la performance annuelle définitivement captée grâce à l'effet cliquet.
Face à un livret A qui rapporte 1,5 % depuis début février, contre une moyenne nette de 2,16 % anticipée pour 2025, les fonds en euros retrouvent un certain lustre. Portés par un flux de collecte nette redevenu positif, avec 8,1 milliards d'euros en 2025 contre -4,7 milliards en 2024 selon France Assureurs, ces supports majoritairement investis en obligations privées et publiques devraient bénéficier dans les prochains mois de taux de moyen-long terme toujours élevés.
Une tendance haussière jusqu'en 2027
« Le secteur disposant encore d'un bon matelas de provisions financières, nous anticipons une remontée du taux moyen des fonds en euros à 2,90 % en 2026 et à 3,20 % en 2027 », avance Cyrille Chartier-Kastler. Toutefois, l'expert pointe une situation paradoxale : « l'épargnant qui investit dans un fonds en euros s'enrichit grâce au surendettement de l'État français ! », soulignant ainsi les risques sous-jacents.
Le maintien des politiques de bonus et promotions
Comme de nombreux observateurs du marché, Cyrille Chartier-Kastler envisage un maintien dans les deux années à venir des politiques de bonus pratiquées par la plupart des réseaux bancaires et d'assurance. À noter que la plupart des associations d'assurés et des entités mutualistes, comme Macsf ou La France Mutualiste, servent un taux unique à tous leurs adhérents.
Ces promotions se concrétisent généralement par une majoration des rendements des fonds en euros des contrats les plus diversifiés en supports en unités de compte, au capital non garanti. Elles sont souvent complétées par l'application, sous conditions variables selon les enseignes, de bonus temporaires qualifiés de « boosters ». Ces derniers s'appliquent prorata temporis, durant une période précise, sur les nouveaux versements enregistrés, par exemple durant le premier trimestre 2026. De nombreux réseaux réduisent également à 0 % les frais sur primes des fonds en euros afin d'encourager la collecte.
Une réalité financière à nuancer
Aussi attrayantes soient-elles pour leurs bénéficiaires, ces pratiques commerciales ne doivent pas faire oublier aux assurés que le rendement financier brut moyen des portefeuilles dans lesquels sont canalisées les primes versées sur les supports en euros était, selon une analyse publiée en juillet dernier par l'ACPR, de 2,5 % fin 2024. À cette même date, « environ 70 % des placements obligataires arrivant à échéance dans les quatre prochaines années affichaient un taux de coupon inférieur à 3 % », précisait le régulateur.
Néanmoins, « compte tenu des bonnes conditions de réinvestissement des importantes collectes réalisées sur les fonds en euros, on estime à 2,7 % le rendement 2025 moyen de l'actif des assureurs », anticipe Cyril Blesson, économiste et associé de Pair-Conseils, concepteur des Cahiers de l'Épargne. Cette perspective confirme la dynamique positive, tout en rappelant la nécessité de considérer les fondamentaux économiques sous-jacents.



