L'hôtel des ventes Primardeco organise ce mercredi 13 mai une vente aux enchères à Toulouse comptant une figurine féminine en pierre volcanique réalisée par Antoine Rabany, un artiste autodidacte resté longtemps mystérieux. Cette œuvre est estimée entre 20 000 et 30 000 euros.
Une pièce rare de l'art brut
« C'est une pièce rare dont on a longtemps ignoré d'où elle venait, son créateur et ses conditions de production », souligne Paul de Colonges, commissaire-priseur chez Primardeco à Toulouse (Haute-Garonne). Ce mercredi 13 mai, cet hôtel des ventes met aux enchères une sculpture d'Antoine Rabany (1844-1919), pièce majeure de l'Art Brut, un mouvement identifié tardivement. Ces sculptures en pierre volcanique, longtemps attribuées aux arts premiers, sont désormais connues pour avoir été réalisées par Antoine Rabany, paysan soldat auvergnat installé à Chambon-sur-Lac (Puy-de-Dôme). Cet autodidacte les aurait façonnées dans la lave du Massif central.
Historique des sculptures
En 1939, dix premières sculptures apparaissent sur le marché aux puces, à Paris, dont sept sont achetées par le collectionneur genevois Josef Müller. Jean Dubuffet en acquiert trois pour les collections de la Compagnie de l'Art Brut en 1951. Les œuvres sont baptisées « Barbus-Müller » en référence aux nombreuses barbes des figurines et du nom de famille du collectionneur qui en fut le premier acquéreur.
Une figure féminine exceptionnelle
« Cette figure féminine de 45 cm de hauteur est effectivement rattachée au groupe des Barbus-Müller, considéré aujourd'hui comme un ensemble majeur dans l'histoire de l'art brut, selon la notion théorisée par le peintre Jean Dubuffet qui les a fait connaître après la Seconde Guerre mondiale, confirme Paul de Colonges. Elle a été conservée dans la collection privée du docteur Corman depuis les années 1950 et a été examinée par André Malraux, puis par le Musée Barbier-Mueller à Genève qui l'a authentifiée ».
Estimée entre 20 000 et 30 000 euros, elle constitue une pièce remarquable du marché actuel de l'art brut. Sa particularité est aussi d'être une figure de femme dans ce groupe de sculptures majoritairement composé de représentations masculines. « Les descendants du docteur Corman ont conservé cette pièce sans connaître sa valeur artistique qui intéresse autant les collectionneurs, certains musées ou les curieux de cet art spontané, puissant », détaille le commissaire-priseur. Près de 70 œuvres d'Antoine Rabany sont recensées et le musée Barbier-Mueller dispose aujourd'hui dans sa collection de onze « Barbus-Müller ».
Les autres lots de la vente
La vente, prévue à 14 heures, est composée de 165 lots de collections privées, dont plusieurs dessins d'Henri de Toulouse-Lautrec (2 000 – 3 000 euros) ou encore un projet de décor de Salvador Dalí, réalisé pour un film des Marx Brothers (5 000 – 7 000 euros).



