Pic Saint-Loup : l'expo hommage des sœurs Verchuren à leurs parents artistes
Pic Saint-Loup : les sœurs Verchuren exposent en hommage

Jusqu'à dimanche, le domaine de Mortiès à Saint-Jean-de-Cuculles accueille l'exposition « Une famille d'artistes en Languedoc », où Isabelle, Sophie et Tania Verchuren présentent leurs créations ainsi que celles de leurs parents, Stavy Verchuren et Micki Gombert. Les visiteurs peuvent y découvrir les œuvres lumineuses du couple, installé au Triadou depuis 1960, et le travail de leurs trois filles, devenues artistes à leur tour.

Un héritage artistique au pied du Pic Saint-Loup

Stavy Verchuren et Micki Gombert ont choisi le Triadou pour bâtir leur maison-atelier et élever leur famille. Soixante ans plus tard, leurs filles, aujourd'hui dans leur soixantaine, rendent hommage à cette transmission. « Quelle belle enfance on a eue ! », s'exclament-elles, évoquant leurs jeunes années passées au pied du Pic Saint-Loup.

« Nos cousins nous appelaient les sauvages », raconte Tania, la plus jeune. « Le plus difficile à la pension du Sacré-Cœur a été d'enfiler tous les jours des chaussures ! » Les trois sœurs, qui ont conservé une complicité joyeuse, ont décidé de mettre en avant leur travail et celui de leurs parents pour cette exposition d'une semaine seulement.

Des parents pionniers de la scène artistique locale

Stavy Verchuren avait conçu lui-même sa maison-atelier au Triadou au début des années 60, au milieu de 14 hectares de garrigues. « On les voyait travailler tout le temps, ils nous encourageaient à dessiner, à nous intéresser à l'art, on ne savait rien faire d'autre, on était très bohèmes… », se souvient Tania.

Micki Gombert, formée à l'école des arts visuels de La Cambre à Bruxelles, fut élève de Delvaux et condisciple d'Alechinsky. Le couple vivait de sa peinture, exposant à Paris, Bruxelles ou Londres, laissant leurs filles en pension pendant ces mois de voyage, avant de revenir peindre le paysage du midi et ses lumières dures qui semblent sculpter la matière. Stavy Verchuren peignait dehors les ombres tranchées, transformant les gris et les verts des falaises et des chênes kermesse en couleurs chaudes. Micki, de son côté, magnifiait la garrigue d'une manière colorée et puissante, tout en travaillant la céramique comme décoratrice.

Trois sœurs, trois talents distincts

Stavy est décédé en 2011, Micki en 2017, mais leurs filles ont déjà montré leur propre talent. Tania, qui porte le nom de Bruzs, celui de la grand-mère lettonne, est la seule peintre. Si sa vraie filiation apparaît, elle revendique celles des Fauves ou de Pont-Aven, et s'inspire de la mer et des lagunes.

Isabelle est céramiste : ses grands plats jouent sur des motifs de répétition d'inspiration méditerranéenne, où la couleur frappe le regard. Sophie, sculptrice, évoque son « esprit carré » et a conçu des petits personnages très stylisés qu'on pourrait croire japonais.

Un hommage à la transmission

La maison du Triadou, où les trois sœurs découvrirent l'art et la manière de représenter la beauté du monde, a été détruite, et les œuvres de Stavy Verchuren et de Micki Gombert ne sont plus vraiment visibles. Cette exposition au domaine de Mortiès, qui s'achève dimanche, constitue un magnifique hommage à la transmission.

L'exposition est visible de 14 heures à 19 heures en semaine et de 10 heures à 19 heures ce week-end au Domaine de Mortiès, route de Cazevieille à Saint-Jean-de-Cuculles.