Philippe Ducasse passe la main au Cercle taurin bayonnais après 30 ans
Ducasse cède sa place au Cercle taurin bayonnais

Après trente années à la tête du Cercle taurin bayonnais, Philippe Ducasse cède sa place à deux coprésidents, Bertrand Hiribarren et Christophe Robin, en espérant qu’ils entretiennent la même culture de tradition et de créativité.

Philippe Ducasse et le Cercle taurin bayonnais sont intrinsèquement liés. Son père a fait partie de l’équipe des fondateurs de l’association en 1946. Jean, son frère, en est l’un des plus anciens administrateurs. « Et moi, j’en suis membre depuis tout petit, on a vécu toute notre jeunesse au Cercle, se souvient-il avec délice. On faisait partie d’une jeune association qui fichait le bordel aux arènes parce que les corridas étaient mauvaises ». Le Cercle a ainsi bâti sa notoriété sur la contestation, et l’envie de proposer autre chose. C’est ainsi qu’il prend en charge l’organisation des corridas pour le compte de la famille Dangou dans les années 1980, puis pour le compte de la Ville de Bayonne jusqu’en 1996.

« C’est Charly Forgues qui a remonté les Arènes, qui a fait de Bayonne une place réputée avec la famille Chopera », rappelle Philippe Ducasse. Après une période de succession qualifiée « d’un peu compliquée », il prend la suite de Charly Forgues à la tête de cette institution déjà vieille d’un demi-siècle. « Avec l’aide d’Albert Gardera et Alain Cova, nous avons proposé, disons, des choses plus apaisées », poursuit-il. Faisant sienne la devise d’Arnaud Saëz : « être sérieux sans se prendre au sérieux ».

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Le cinquième club taurin français dans l’ordre d’ancienneté, le premier de Bayonne, allie les passions toristes et toreristes. « La culture toriste a toujours été très forte, reconnaît Philippe Ducasse. Charly Forgues était très attaché à la présentation des toros. C’est comme ça qu’il a donné sa légitimité à Bayonne. Avec un goût prononcé pour l’élevage des Fraile. Mais nous ne sommes pas des Ayatollahs taurins ». Les amateurs de belles passes sont les bienvenus, du moment que le bétail ait de l’allure.

« Ma première préoccupation a toujours été de faire entrer les jeunes générations au Cercle, et ça s’est bien passé avec le soutien des toreros revenus dans le coin, Jérémy Banti et Alex Ducasse, ainsi que Julien Lescarret qui n’est jamais parti », constate-t-il. Une volonté réelle de transmission pour que l’art taurin et l’esprit du Cercle ne s’éteignent pas au fil des temporadas.

Et comme un symbole, c’est une année terminant en 6 qui marque le début d’une nouvelle ère dans cette association. Après la naissance en 1946, la présidence Ducasse en 1996, voici la constitution d’une inédite coprésidence, incarnée par Bertrand Hiribarren et Christophe Robin en 2026. « J’ai essayé de faire de mon mieux, confie avec modestie Philippe Ducasse. Avant d’être gagné par la lassitude, je cède la place à deux personnes avec qui je suis en phase, qui seront complémentaires, et qui peuvent compter sur une équipe autour d’eux. C’est la meilleure solution pour le Cercle. Je compte sur eux pour perpétuer la tradition, et créer de nouveaux événements. Je suis certains qu’ils seront créatifs, et généreux pour servir le Cercle ».

Temporadas originales

L’association compte près de 500 membres à jour de cotisation, et va poursuivre son rythme de trois ou quatre rencontres organisées par an avec des personnalités taurines. Quelques voyages dans des élevages en Espagne restent au programme, de même que les séances d’initiation des jeunes au toreo avec Alex Ducasse et Mika Romero. La prochaine soirée est fixée à ce mercredi 13 mai, en présence de Yon Lamothe pour un clin d’œil et un hommage appuyé à son grand-père Alain Lartigue disparu il y a quelques semaines. La tonnelle du Cercle taurin bayonnais aux arènes, un lieu incontournable de la Feria de l’Atlantique à Bayonne. Autour des agapes préparées par Bernard et Bertrand Hiribarren, « la meilleure table de Bayonne en rapport qualité-prix », il sera sans doute question des cartels qui se dessinent pour la prochaine saison taurine bayonnaise.

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« Le compromis politique trouvé par la Ville est très acceptable, note Philippe Ducasse. Avec des temporadas originales qui donnent satisfaction. On a le sentiment que la tauromachie va durer à Bayonne ». Il se félicite aussi de « la très bonne entente entre clubs taurins de la ville, chacun respecte les activités et les spécificités des autres », et de voir le regain pour la tauromachie, notamment de l’afición des plus jeunes. « On est sur une pente ascendante ».

Pour ce 80e anniversaire, pas d’événement majeur en gestation, mais un acte fort pour les prochaines années : l’acquisition de son local rue des Cordeliers.

Ouverture

Pour les nouveaux coprésidents, il s’agit de continuer dans le même état d’esprit. « La première fois que je suis venu au Cercle, j’avais 13 ou 14 ans, rappelle Bertrand Hiribarren. Ce qui m’a marqué, c’est cet accueil réservé aux jeunes, cette envie de partager et de transmettre. On va continuer dans cet état d’esprit d’ouverture ». Christophe Robin est sur la même longueur d’onde. Il entre pour la première fois au Cercle en 2007 grâce à des connaissances, et en devient vice-président trois ans plus tard. « Sa façon de parler, de mettre en confiance, ses conseils m’ont vite beaucoup plu, souligne-t-il en parlant de Philippe Ducasse. C’est un gros challenge de lui succéder, et cette coprésidence avec Bertrand est rassurante. On est complémentaire pour se mettre dans la lignée de ce que Philippe a entrepris en transmettant aux jeunes, et en y apportant notre touche ».