La cordonnerie Poujol, située rue Peyssière à Millau, a été officiellement transmise à Charlotte Blanc, 28 ans, par son père Philippe, le samedi 3 octobre. Après trente-quatre ans de réparations de chaussures aux côtés de son beau-père, Philippe Blanc a cédé le fonds de commerce à sa fille, qui poursuit l'aventure familiale.
Une transmission familiale après 34 ans de service
Philippe Blanc, 64 ans, a commencé à réparer ses premiers souliers il y a trente-quatre ans, formé par son beau-père, le fondateur de la boutique. « C'est mon grand-père maternel, Poujol donc, qui a ouvert cette boutique en 1973 », raconte Charlotte Blanc. La jeune femme, formée depuis quatre ans dans l'atelier familial aux côtés de son père, prend désormais les rênes de l'établissement.
« Je prends énormément de plaisir à réparer les chaussures. Et j'ai à cœur de donner une autre image de ce métier », assure la nouvelle patronne. Elle souhaite moderniser l'image de la cordonnerie, notamment en attirant une clientèle plus jeune via les réseaux sociaux. « J'ai l'esprit entrepreneurial et aussi l'envie de faire vivre le savoir-faire familial, affirme-t-elle. C'était inconcevable de fermer cette boutique. Donc c'est à la fois un choix et une chance. »
Un père qui reste en poste comme salarié
Philippe Blanc ne quitte pas les lieux pour autant. Il explique : « Un départ à la retraite aurait été trop brutal, ce métier est devenu une passion pour moi. » Désormais salarié dans la boutique, il accueille les clients au comptoir et essaie « toujours de trouver une solution ». Il accepte toutes les commandes, « de tout âge et de tous porte-monnaie », précise sa fille.
L'inauguration de la boutique, qui a eu lieu samedi 3 octobre, a réuni clients, élus et commerçants locaux. Un moment important pour cette entreprise familiale qui a su traverser les décennies.
Des réparations venues parfois de très loin
La cordonnerie Poujol ne se contente pas de réparer des chaussures. Elle crée également des ceintures en cuir personnalisées et des porte-clés datés. « Mais moi ce que je préfère c'est redonner vie aux chaussures ou démonter un sac et le refaire entièrement », confie Charlotte Blanc. Dans l'atelier voûté attenant à la boutique, des dizaines de paires de chaussures passent entre ses mains expertes.
« Et à toutes les vacances scolaires, il y en a encore plus, car les Millavois qui vivent ailleurs reviennent avec leurs chaussures à réparer ! » ajoute-t-elle. La clientèle est variée : de la petite réparation au sac de luxe, de l'escarpin à la chaussure de randonnée. « On reçoit des chaussures de tout le sud de la France, parfois on a l'impression d'être les seuls cordonniers d'Occitanie », raconte fièrement Philippe Blanc. « Une fois, on a même reçu des bottines de New York. »
Cette transmission marque un nouveau chapitre pour la cordonnerie Poujol, qui continue de servir une clientèle fidèle et de faire vivre un savoir-faire artisanal unique dans la région.