Anouk Sakura, sculptrice à la tronçonneuse dans le Gard
Anouk Sakura, sculptrice à la tronçonneuse dans le Gard

Anouk Sakura, installée à Bessèges dans le Gard, est l'une des seules femmes en France à vivre de la sculpture à la tronçonneuse. Elle participe à des compétitions internationales et ouvrira son atelier au public en avril.

Une artiste rare dans un milieu masculin

La sciure tapisse le sol de la cour. Anouk Sakura termine une petite chouette en bois… à la tronçonneuse. Dans ce domaine spécifique, l'habitante de Bessèges, au nord du Gard, est une des rares professionnelles : « On est une cinquantaine en France mais on doit être entre 10 et 15 à ne vivre que de ça. »

Le dernier week-end de septembre, elle a participé à l'Open international de sculptures à la tronçonneuse, dans la Sarthe. 31 sculpteurs sur bois, de 16 nationalités, se sont réunis. Elle était la seule femme.

Donner une seconde vie aux arbres malades

Si elle est loin d'être paritaire, la discipline se développe. « C'est dans l'air du temps de réutiliser. Je donne une deuxième vie aux arbres malades », expose l'artiste de 33 ans. Cèdre, acacia, chêne, pin ou encore châtaignier, Anouk sculpte de tout. « C'est noble le bois, c'est majestueux. »

À l'intérieur et autour de sa maison sont dispersées des statues de morille, grenouille, écureuil, Méduse et autres créatures fantastiques. « 95 % du boulot se fait à la tronçonneuse », précise-t-elle. L'outil offre une précision insoupçonnée. « C'est hyper fin », assure la Gardoise, qui possède neuf tronçonneuses. La plus grande dispose d'une lame d'environ un mètre de long et pèse une douzaine de kilos.

Des pauses indispensables et un besoin d'espace

Des pauses sont indispensables. « Il faut s'échauffer avant et s'étirer après », ajoute la créatrice. Et boire beaucoup d'eau. Née en Belgique, Anouk a grandi en Bretagne et en Haute-Savoie. Après des études de photographie, elle travaille notamment en restauration, avant de suivre une formation d'ébénisterie à Avignon. « J'ai toujours aimé l'art. »

À l'issue du diplôme, en 2019, elle s'installe à Robiac-Rochessadoule, puis tout récemment à Bessèges. Pourquoi les Cévennes ? « J'avais besoin d'espace », explique la trentenaire, qui évoque aussi le soleil et les forêts. Sans oublier les prix accessibles. Anouk partage le lieu avec son compagnon, sculpteur de fer forgé.

Une activité intense et des projets

Indépendante, la maman d'un garçon de 10 ans travaille beaucoup : « Je dois faire au moins 50 heures par semaine. » De mai à septembre, elle effectue des déplacements en France ou à l'étranger quasiment chaque week-end. La Gardoise est invitée partout : Lituanie, Bulgarie, Canada… Dans les pays de l'Est et en Amérique du Nord, la tronçonneuse sur bois est plus courante.

À partir d'octobre, son activité se concentre davantage sur les sculptures monumentales. « Il y a presque un an de délai pour une grosse pièce », indique Anouk. En 2025, l'artiste a réalisé une Marianne pour la mairie de Robiac-Rochessadoule. Selon les pièces, la durée de réalisation varie d'une quinzaine de minutes à 15 jours pour un arbre de six mètres de haut.

« Mon plus gros projet, c'est de m'accorder trois mois pour faire de la création personnelle », confie la trentenaire. Elle espère ouvrir une boutique dans sa maison-atelier au printemps prochain. Un atelier ouvert au public devrait ouvrir en avril à son domicile de Bessèges. Anouk Sakura sera en démonstration lors de la foire d'automne de Saint-Jean-du-Gard les 7 et 8 novembre prochains.