Sécheresse exceptionnelle dans le Gard : inquiétude des agriculteurs
Sécheresse exceptionnelle dans le Gard : agriculteurs inquiets

Le manque d’eau actuel dans le Gard inquiète les autorités et les agriculteurs, qui avaient pourtant anticipé ce phénomène. Les agriculteurs gardois n’ont pas attendu la réunion de cellule de crise en préfecture le 26 septembre dernier pour prendre conscience de la sécheresse inédite qui frappe le département.

“À Sommières, depuis début juin, on a eu 17 mm de hauteur de précipitation. On a eu un orage par-ci, par-là pour enlever la poussière et arroser les géraniums !”, résume avec ironie Dominique Granier, président de la chambre d’agriculture du Gard, qui ne cache pas son inquiétude. “La terre est trop dure, on ne peut pas la labourer. Un berger est descendu des montagnes avec ses trois cents moutons à Aspères, mais il n’y a plus rien à manger car tout est sec en pleine garrigue. Ce n’est pas uniquement l’agriculture qui souffre, mais tout le territoire.”

Une alerte donnée dès le printemps

La chambre d’agriculture avait tiré la sonnette d’alarme dès le printemps, notamment en constatant l’état des vignes. Dans le Piémont cévenol, secteur de Pompignan, les vendanges ont été amères en raison du manque d’eau et des épisodes de gel. La Vaunage, les Cévennes et même la Camargue manquent d’eau. “Pour ceux qui cultivent des céréales ou des légumes près du canal du Bas-Rhône, l’irrigation est possible mais limitée à une fois tous les trois jours, une fréquence exceptionnelle pour la saison”, insiste Dominique Granier.

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Des appels au stockage de l’eau

Le président de la chambre d’agriculture, également viticulteur, s’inquiète surtout de l’équilibre de la flore et des forêts. “La nature souffre. Il suffit de regarder l’état des buissons et de certains arbres. Ce que nous voyons cette année est plus qu’un avertissement. L’eau agricole ne représente que 2 à 3 % de nos ressources. La sécheresse doit mobiliser tout le monde. On trouve bien des ronds-points pour construire des autoroutes ou des lignes TGV, mais pas pour stocker l’eau. On peut avoir tous les téléphones portables et toutes les technologies possibles, sans eau, il n’y a pas de vie !”

Les agriculteurs gardois ont déjà adapté leurs pratiques culturales face aux sécheresses répétitives : moins de canons et d’asperseurs, usage accru du goutte-à-goutte, et formations pour une meilleure gestion de l’eau. “Les mesures prises par le préfet du Gard ont permis de définir des priorités avec moins de restrictions pour le Bas-Rhône. Il faut mieux rationner l’eau”, note Dominique Granier. Il encourage les viticulteurs à souscrire une assurance viticole contre le gel et la sécheresse, une mesure devenue incontournable.

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