Romain Angelras réélu à la tête des Jeunes Agriculteurs du Gard : un second mandat face à des défis immenses
Romain Angelras réélu président des Jeunes Agriculteurs du Gard

Romain Angelras réélu à la tête des Jeunes Agriculteurs du Gard : un second mandat face à des défis immenses

"Pour nous, les combats à mener restent immenses !", s'inquiète Romain Angelras, réélu à la tête des Jeunes agriculteurs du Gard. Le viticulteur nîmois de 37 ans repart pour un nouveau mandat à la tête du syndicat professionnel agricole dans le département.

Un engagement syndical né de la curiosité et des rencontres

Si pour les Angelras l'agriculture est d'abord une affaire de famille - Romain représente avec son frère Thomas la troisième génération de viticulteurs sur les mêmes terres du Domaine du Petit Romain à Nîmes - le militantisme syndical est né chez lui par curiosité via des rencontres amicales.

"C'est dès la sortie du lycée agricole que j'ai été convaincu par un collègue de rejoindre les Jeunes agriculteurs", explique-t-il. "Très vite, j'ai été séduit par ces innombrables occasions d'échanges entre jeunes professionnels de la terre qu'offrait le syndicat dans le département et ailleurs."

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Entre les congrès et autres universités d'hiver, les opportunités de débattre, de comparer les méthodes, de transmettre et de solutionner ensemble les problèmes ont confirmé son engagement. La communication est sans contestation possible l'une des clés de fonctionnement des JA, un syndicat où les remontées de terrains servent véritablement de base aux revendications formulées ensuite au niveau national.

La mobilisation de 2024 : un tournant décisif

Ce qui a poussé Romain Angelras à en prendre la présidence ? La mobilisation gardoise de début 2024 a créé la bascule. À l'époque, les agriculteurs luttaient déjà contre la concurrence déloyale et se battaient pour un revenu digne de leur travail.

"Dans l'espoir d'obtenir aussi un choc de simplification des démarches administratives, on a occupé et totalement bloqué l'Autoroute A9 au niveau de l'échangeur Nîmes-ouest durant pas moins de 9 jours consécutifs !", se souvient-il.

Un moment particulièrement marquant : "Durant cette mobilisation inédite, mon fils aîné Louis, 4 ans à l'époque, nous a rendu visite avec sa maman à l'occasion d'une journée des familles. Le voir là au milieu de l'autoroute, entouré des collègues battants mais épuisés, sur son petit tracteur à pédale à m'imiter en train de travailler, ça m'a véritablement bouleversé !"

À cette époque, membre du conseil d'administration des JA depuis 10 ans, il a décidé de se présenter lorsque la présidente en exercice n'a pas souhaité rempiler. "C'est à ce moment-là que je me suis dit : pour ton fils, maintenant, c'est à ton tour d'y aller !"

Un premier mandat formateur mais aux avancées limitées

Quel bilan tire-t-il de ce premier mandat ? "Ce premier mandat a été très formateur. À titre personnel, il m'a permis d'apprendre à gérer les différents dossiers et à maîtriser ma prise de parole en public. J'ai à cette occasion pu nouer de belles amitiés, aussi", reconnaît le président.

Mais il ajoute immédiatement : "Ce que j'en retiens surtout ce sont de nombreux combats et malheureusement peu d'avancées. Sur ce point, je pense tout particulièrement à la loi Duplomb sur laquelle on comptait énormément pour améliorer notre quotidien mais qui a été en pratique très vite détricotée."

Les seules avancées majeures pour les agriculteurs selon lui :

  • L'obtention (pour l'heure simplement à titre expérimental, sur l'ensemble de l'Occitanie) d'une fusion annuelle en un seul et même contrôle de l'ensemble de ceux (contrôle de l'OFB, de la Draaf…) qui jusqu'alors s'échelonnaient sur différentes périodes de l'année
  • Par deux fois, la perception d'une enveloppe significative pour primer les arrachages de vignes, indemnisés alors 4 000 euros pour chaque hectare déplanté

Un second mandat avec des ambitions claires et des défis spécifiques au Gard

Réélu le 20 mars dernier, Romain Angelras expose ses ambitions pour ce second mandat. À l'échelle nationale, les JA se battront pour que notre métier soit reconnu d'utilité publique. "Notre mission consiste tout de même à nourrir les Français !", rappelle-t-il avec conviction.

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Outre les problématiques nationales communes à tous les jeunes agriculteurs - difficultés d'installation, faiblesse des revenus professionnels, impact catastrophique de la concurrence déloyale - s'ajoutent dans le Gard des défis spécifiques :

  1. Le stress hydrique particulièrement préoccupant dans la région
  2. Les dégâts causés sur les récoltes par les aléas climatiques de plus en plus fréquents
  3. L'explosion des tarifs du carburant qui impacte directement la rentabilité des exploitations

"Concernant l'explosion des tarifs du carburant, on nous propose comme solutions une exonération de taxe de 4 centimes par litre - alors que le tarif du GNR a doublé en quelques semaines passant de 60 c à 1,20 € le litre - et l'octroi de prêts à taux 0 %, alors que la majorité des agriculteurs sont déjà surendettés !", déplore le président des JA du Gard.

Dans l'urgence, les Jeunes Agriculteurs vont travailler sur des solutions alternatives à faire remonter au niveau national. Une autre priorité : la problématique des nuisibles qui pullulent sur le territoire, en Cévennes (sangliers) et dans le sud du Gard (lapins).

"Il est temps que les agriculteurs du département, chasseurs pour la plupart, acquièrent le droit de tirer de nuit à balle réelle sur leurs terres pour les défendre", insiste Romain Angelras. "Pour l'heure, nous sommes contraints de solliciter l'intervention des rares lieutenants de louveterie - ils sont 17 bénévoles à l'échelle de l'ensemble du département - expressément mandatés par le préfet du Gard. Encore une chose qu'il est temps de changer, urgemment !"

Malgré l'écoute manifestée par la ministre de l'agriculture Annie Gevevard lors de son déplacement dans le Gard le 27 mars, Romain Angelras reste prudent : "Malheureusement, comme souvent, pour nous écouter et nous comprendre il y a du monde. Mais pour ensuite agir en notre faveur au niveau institutionnel, généralement ça ne suit pas."

Le second mandat de Romain Angelras à la tête des Jeunes Agriculteurs du Gard s'annonce donc tout aussi combatif que le premier, avec la ferme intention de faire avancer concrètement les dossiers qui préoccupent les jeunes professionnels de la terre gardois.