Un projet agrivoltaïque controversé dans le Lot-et-Garonne
Les campagnes du Lot-et-Garonne voient se multiplier les projets de parcs agrivoltaïques, combinant production d'énergie solaire et activités agricoles. À Lavergne, une nouvelle initiative portée par la société Reden fait l'objet d'une attention particulière alors qu'une enquête publique s'apprête à débuter.
Les détails du projet et le calendrier de consultation
Le dossier concerne un permis de construire pour la création d'une centrale photovoltaïque sur les lieux-dits Barrail et Massucaou. Ce projet s'étend sur une dizaine d'hectares et prévoit une co-activité innovante avec l'implantation d'un élevage ovin. L'enquête publique officielle s'ouvrira le mardi 31 mars à 9 heures pour se clôturer le jeudi 30 avril à 17 h 30.
Les documents relatifs au projet seront disponibles en mairie aux horaires d'ouverture habituels. Le commissaire enquêteur recevra le public à plusieurs reprises : les 31 mars, 9 et 25 avril de 9 heures à midi, ainsi que le 30 avril de 14 h 30 à 17 h 30.
Les positions divergentes des acteurs locaux
Un collectif citoyen s'est constitué il y a deux ans sur la commune, ayant déjà lancé une pétition contre un projet similaire aux lieux-dits Petit-Roumaguey-Sud et Bosc. Son porte-parole, Anselme Marcon, exprime des préoccupations majeures : « la préservation des terres agricoles et l'urgence de stopper l'artificialisation des sols à l'heure du changement climatique ». Il critique également « une étude menée sans concertation, par réunion publique d'information, avec les habitants ».
Le maire de Lavergne, Jacques Riemensberger, adopte une position plus nuancée. Il rappelle que le Conseil municipal, bien que « non-décideur de la mise en œuvre du projet », a émis un avis « favorable en majorité ». Il met en avant les retombées économiques potentielles : « Les parcs agrivoltaïques peuvent rapporter 20 000 euros de taxe chaque année à la commune. Les agriculteurs toucheront une indemnité. Tout est à étudier. »
Xavier Vidal, président de la société de chasse locale, se déclare quant à lui « ni pour ni contre » le projet. Il souligne que « plusieurs hectares de terres chassables seraient perdus » en cas de réalisation, mais reconnaît que « les lieux en question pourraient être utiles à la faune et servir à la reproduction de petit gibier ». La décision finale reviendrait alors au propriétaire des terrains concernés.
Le contexte plus large des projets agrivoltaïques
Cette controverse locale s'inscrit dans un mouvement plus large de développement des installations agrivoltaïques dans les campagnes françaises. Ces projets cherchent à concilier production d'énergie renouvelable et maintien d'activités agricoles, mais soulèvent régulièrement des questions sur l'utilisation des terres et la participation citoyenne.
L'enquête publique qui débutera fin mars constituera une étape cruciale dans le processus décisionnel, permettant à l'ensemble des parties prenantes de s'exprimer sur ce projet qui cristallise les tensions entre transition énergétique, préservation du patrimoine agricole et développement économique local.



