Grève des pêcheurs méditerranéens : 20 centimes d'aide jugés insuffisants face à la flambée du gasoil
Pêcheurs en grève : l'aide carburant de 20 centimes jugée inacceptable

Mobilisation générale des pêcheurs méditerranéens contre l'insuffisance des aides au carburant

La flambée historique des prix du gasoil plonge la pêche méditerranéenne dans une crise sans précédent. Les professionnels d'Occitanie, de Provence-Alpes-Côte d'Azur et de Corse, réunis en urgence ce 1er avril à Sète, ont déclenché un mouvement de grève pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une aide gouvernementale totalement insuffisante.

Une aide de 20 centimes jugée « inacceptable »

Le gouvernement avait pourtant débloqué 50 millions d'euros le 27 mars dernier, dont 5 millions spécifiquement destinés à la pêche. Cette enveloppe, validée par les autorités européennes, se traduit par une aide à la pompe de 20 centimes par litre de gasoil acheté, applicable pendant tout le mois d'avril.

« Ces mesures ne sont pas acceptables », tonne Bernard Perez, président du comité régional des pêches d'Occitanie. « On parle de 20 centimes à partir du 1er avril alors que l'augmentation du prix de l'essence dure depuis déjà un mois. La situation est intenable pour nos professionnels. »

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Les revendications des pêcheurs sont claires : ils exigent une aide portée à 40 centimes par litre, la mise en place du chômage partiel et un accompagnement global de toute la filière. Près de 50% de la flotte régionale reste déjà à quai, les sorties en mer étant devenues financièrement désastreuses.

6 000 emplois directs et indirects menacés

L'enjeu dépasse largement le simple cadre des pêcheurs. Bernard Perez calcule avec précision : « Il y a 1 500 pêcheurs, mais un métier à la mer en génère quatre à terre. Cela représente environ 6 000 personnes dont les emplois sont directement menacés. »

Les quatre criées majeures de la région – Grau-du-Roi, Sète, Agde et Port-la-Nouvelle – sont en première ligne. Kelly Llinarès, directrice de la criée de Sète, premier port de pêche méditerranéen, alerte : « Ce sont 600 emplois indirects qui sont en jeu, sans parler de la souveraineté alimentaire et du tissu économique régional qui sont en danger. »

Une crise multifactorielle sans précédent

La situation est d'autant plus critique que la profession doit déjà composer avec les contraintes du plan européen WestMed, qui limite strictement les captures autorisées. Bertrand Windling, directeur de la coopérative SaThoAn, ne cache pas son pessimisme : « Il ne manquait que le carburant au milieu. Tout risque d'augmenter, y compris le prix des filets de pêche. Nous faisons face à une crise sans précédent qui génère beaucoup d'énervement et de tension. »

Le mouvement de grève, lancé ce mercredi par solidarité avec le comité national, s'intensifiera mardi prochain avec l'arrêt complet de toute activité. Aucun navire ne prendra la mer et toutes les criées resteront fermées, plongeant la filière dans un arrêt historique qui pourrait durer si des mesures plus substantielles ne sont pas rapidement annoncées.

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