La flambée des prix du carburant frappe de plein fouet les pêcheurs d'Agde
Sur les quais du Vieux Port d'Agde, l'atmosphère est tendue. Alors que les prix du carburant pour les professionnels ont augmenté de 30 à 40% ces derniers jours, les pêcheurs artisanaux tentent de maintenir coûte que coûte leur activité. Une situation particulièrement difficile à l'approche du week-end de Pâques, traditionnellement chargé pour la vente de poisson.
Des hausses spectaculaires à la pompe
Jean-Louis, pêcheur croisé sur le port, témoigne de l'ampleur du choc : « À Agde, le litre de carburant pour les professionnels est passé au Grau de 0,70 centime d'euros à 1 €. Au prochain ravitaillement, ce sera 1,18 € ». La capitainerie n'a pas encore répercuté ces augmentations, mais selon les professionnels, ce n'est qu'une question de temps avant que la facture ne devienne encore plus salée.
Cette flambée des prix intervient dans un contexte déjà difficile pour la profession. Gérald Chambre, ancien 1er Prud'homme désormais retraité mais toujours actif à temps partiel, rappelle les crises successives : « On avait eu des aides liées au covid, puis à la crise énergétique avec la guerre en Ukraine, mais il a fallu tout rembourser. Là, on nous promet 20 centimes d'aide, mais ce sera la même chose ».
Deux ports, deux réalités
La situation diffère sensiblement entre le Grau d'Agde et le Vieux Port. Alors que les bateaux du Grau ne sortent quasiment plus en prévision de la fermeture de la Criée mardi prochain, les professionnels du Vieux Port continuent ponctuellement d'aller en mer. Leur secret ? Des embarcations plus modestes et des moteurs moins gourmands en carburant.
Gérald Chambre, qui discute de la situation avec ses collègues Laurent et Jacky, résume l'inquiétude générale : « Je ne sais pas où on va, mais ça part mal ». Pourtant, ce pêcheur expérimenté en a vu passer, des crises, mais celle-ci semble particulièrement préoccupante.
Une demande soutenue malgré tout
Malgré les difficultés, la demande reste forte. Les clients réguliers viennent dès 8h30 acheter leur poisson frais, et les restaurants, à l'aube du week-end de Pâques, cherchent désespérément de la marchandise. « Sans parler des grandes surfaces et des poissonneries », ajoute Gérald, qui n'aura donc aucun mal à écouler sa pêche du jour.
Mais cette relative bonne nouvelle ne doit pas masquer l'inquiétude pour l'avenir. La Tramontane perturbe déjà l'activité depuis quelques jours, et dans les jours qui viennent, sur les étals, la situation pourrait vraiment se compliquer si les prix continuent leur ascension vertigineuse.
Un secteur sous pression
Les pêcheurs d'Agde ne sont pas isolés dans leur détresse. Comme partout sur le littoral français, la profession grogne et le fait savoir. Les reports de trésorerie, les aides promises mais souvent assorties de conditions difficiles, et maintenant cette nouvelle flambée des carburants mettent à rude épreuve la résilience des petits métiers.
Le ballet des chalutiers sur l'Hérault, aux premières heures du matin comme en fin d'après-midi, manque déjà de consistance. Et si les pêcheurs du Vieux Port peuvent encore, pour le moment, maintenir une activité réduite, l'avenir s'annonce particulièrement incertain pour l'ensemble de la profession dans la région.



