À Nice, le boulanger Frédéric Roy réclame des garanties fermes pour le 1er-Mai
À quelques semaines du 1er-Mai, la question du travail dans les boulangeries refait surface avec intensité. Frédéric Roy, artisan-boulanger à Nice, exprime son inquiétude face au manque de garanties concrètes concernant l'ouverture légale de son commerce lors de cette journée fériée. Il représente le collectif pour la survie des boulangeries et de l'artisanat, et souligne l'urgence de clarifications juridiques.
Accélération parlementaire et tensions politiques
Vendredi dernier, à l'Assemblée nationale, la majorité présidentielle a opté pour une voie procédurale rapide afin de faire avancer la proposition de loi autorisant certains salariés, notamment dans les boulangeries et les commerces floraux, à travailler le 1er-Mai. Le groupe Ensemble pour la République (EPR) a fait voter une motion de rejet préalable sur son propre texte, une décision adoptée avec les voix des élus macronistes, de la droite et du Rassemblement national. Cette manœuvre permet un passage direct en commission mixte paritaire avec le Sénat, contournant ainsi l'examen détaillé des nombreux amendements déposés par la gauche.
Cette accélération parlementaire est suivie de près par Frédéric Roy, qui déplore le décalage entre les soutiens affichés publiquement et la réalité des débats. « Ils ont tous fait des vidéos de soutien aux boulangers pour l'ouverture du 1er-Mai, il n'y en a pas un qui est allé à l'Assemblée, vendredi. Ils auraient tous été présents vendredi à droite, ça aurait été voté, ça serait passé, on n'en parlerait plus », affirme-t-il.
Oppositions syndicales et divergences gouvernementales
Huit organisations syndicales ont adressé une lettre au Premier ministre, Sébastien Lecornu, publiée ce dimanche, demandant de ne pas convoquer la réunion de la commission mixte paritaire. Elles estiment que le texte remet en cause le caractère symbolique du 1er-Mai, journée traditionnellement dédiée aux travailleurs. En parallèle, Gabriel Attal, ancien premier ministre et secrétaire général de Renaissance, s'est fortement impliqué sur ce dossier, multipliant les prises de parole et lançant une pétition pour soutenir l'adoption rapide de la loi.
Cette situation révèle des divergences de méthode entre le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et Gabriel Attal. Le premier reproche au second de vouloir brusquer le dialogue, tandis que Frédéric Roy voit dans cette guéguerre un enjeu politique plus large. « Je peux me tromper, mais ce qui dérange, c'est la potentielle future candidature du candidat Gabriel Attal », avance-t-il, évoquant les préparatifs de la prochaine présidentielle.
Enjeux pour les artisans niçois
Pour les artisans comme Frédéric Roy à Nice, l'enjeu est désormais simple : obtenir des assurances légales pour faire travailler des salariés le prochain 1er-Mai. Le texte, déjà adopté au Sénat, doit être examiné en commission mixte paritaire, mais les incertitudes persistent. « Si cela n'avance pas, je demanderai au préfet que les commerces ne soient pas contrôlés le 1er-Mai », assure Frédéric Roy, soulignant la détermination des boulangers à défendre leur activité.
Cette affaire illustre les tensions entre les impératifs économiques des petites entreprises et les traditions syndicales, dans un contexte politique chargé où chaque décision est scrutée à la loupe. Les prochaines semaines seront cruciales pour trancher ce débat qui dépasse largement le cadre local de Nice.



