La Coordination rurale manifeste contre la flambée des prix de l'énergie dans les Landes
Dans un geste de protestation pacifique, la Coordination rurale des Landes a organisé une manifestation nocturne devant la préfecture départementale, dimanche 29 mars. Une vingtaine de membres du syndicat agricole ont accroché des banderoles sur le portail de l'édifice public pour exprimer leur vive inquiétude face à la hausse vertigineuse du coût de l'énergie.
Un acte symbolique pour alerter les autorités
Selon Joël Descat, président local de la Coordination rurale, cette action visait à transmettre pacifiquement les préoccupations des agriculteurs au préfet. Le syndicat prévoit d'adresser officiellement une lettre de revendications ce lundi 30 mars 2026 au matin, avec l'espoir que le message remonte jusqu'au gouvernement.
La cause principale de cette mobilisation réside dans le conflit international impliquant les États-Unis, Israël, l'Iran et le Liban, qui a provoqué une augmentation massive des prix de l'énergie sur les marchés mondiaux. Cette situation affecte directement les exploitations agricoles landaises.
Des conséquences concrètes sur les exploitations
Joël Descat détaille l'impact en cascade : « La hausse du prix du carburant a un effet immédiat sur le coût des engrais azotés. Il y a seulement un mois, nous payions environ 500 euros la tonne. Aujourd'hui, elle atteint les 800 euros. Cela génère des dépenses colossales pour nos exploitations. »
Les revendications portées par le syndicat sont claires :
- La mise en place d'un bouclier tarifaire sur les prix des carburants agricoles.
- Un encadrement strict des prix des engrais pour préserver la viabilité des fermes.
Des banderoles au message alarmant
Les slogans apposés sur la façade de la préfecture reflètent le désarroi des agriculteurs : « GNR (gazole non routier) à prix d'or, paysans bientôt morts » et « Engrais hors de prix, on crève ça suffit ». Ces messages pessimistes illustrent la détresse économique grandissante dans le monde agricole landais.
Témoignages d'exploitants en difficulté
Dimitri Agez, producteur de maïs et tournesol à Cazères-sur-l'Adour, envisage de réduire significativement sa production pour l'année à venir. « Je ne planterai probablement que 70% des surfaces initialement prévues. Le prix du GNR est devenu prohibitif. J'ai rempli ma cuve il y a un mois à 0,68 euro le litre. Maintenant, c'est 1,38 euro. Je ne sais plus comment m'en sortir. Sur l'année, cela représente 17 000 euros de dépenses supplémentaires en carburant pour mon exploitation. »
François Pescay, agriculteur à Bordères-et-Lamensans, fait face à la même réalité économique. « J'utilise 10 000 litres de GNR annuellement. Avec les prix actuels, je vais devoir payer 7 000 euros de plus. » Contrairement à son confrère, il ne prévoit pas de réduire ses surfaces, mais s'inquiète des solutions de financement. « Il faudra négocier avec les banques pour étaler les paiements. L'année dernière était déjà difficile, là c'est un coup dur supplémentaire. » Il se dit abattu par une situation qui, selon lui, ne pourra se résoudre en quelques jours.
Cette mobilisation met en lumière les tensions croissantes dans le secteur agricole, confronté à des défis économiques majeurs liés à la géopolitique internationale et à la volatilité des marchés de l'énergie.



