Lozère : L'assemblée générale de la FRSEA Occitanie en ébullition sur la question du loup
Lozère : FRSEA Occitanie en ébullition sur la question du loup

Une assemblée générale sous haute tension en Lozère

L'assemblée générale de la fédération régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) Occitanie s'est tenue mercredi 25 mars 2026 à l'espace événements de Mende, dans la Lozère. Dédiée à la problématique de la prédation, plus précisément celle du loup, cette réunion a rapidement dégénéré en un affrontement verbal intense entre les éleveurs présents et le préfet référent du plan d'action national sur le loup, Jean-Paul Célet.

Un désaccord profond sur les chiffres

Le cœur du conflit réside dans l'évaluation du nombre de loups sur le territoire français. Alors que le préfet a maintenu une estimation stable de 1 000 à 1 200 individus, basée sur une « méthode statistique fondée sur des calculs de probabilité », les éleveurs ont vivement contesté ces chiffres. Jean-François Maurin, président de la FDSEA 48, a dénoncé : « En 2018, on nous avait dit qu'il fallait qu'il y en ait 500. Ce nombre est largement dépassé et on ne voit toujours pas d'avancée. » Les agriculteurs accusent la méthode de comptage d'être obsolète et déconnectée de la réalité du terrain.

Des mesures de protection jugées insuffisantes

Les éleveurs ont exprimé leur exaspération face à des mesures de protection qu'ils estiment ni adaptées ni fiables. Ils déplorent également des relations compliquées avec les services de l'État et le fait que la présence du loup soit parfois tenue secrète. Concernant le tir de défense, une éleveuse lozérienne a lancé : « Quand un loup a un comportement inadapté, il faut le supprimer sans se poser de questions. » Bien que le préfet ait évoqué une simplification récente des modalités – passant d'une autorisation préfectorale à une simple déclaration –, cette annonce n'a pas apaisé la colère des agriculteurs.

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Des solutions proposées et un appel à l'écoute

Valérie Roland, responsable du secteur interventions sociales à la MSA Languedoc, a suggéré plusieurs pistes d'amélioration :

  • Ouvrir davantage les portes des exploitations
  • Améliorer la communication avec le monde extérieur et les administrations
  • Former le personnel des services de l'État (OFB, DDT) à cette problématique spécifique

Dans un discours poignant, Pierre Hylary, président des Jeunes agriculteurs d'Occitanie, a captivé l'assemblée en dénonçant une réglementation qu'il juge déconnectée : « Nous ne vivons pas des statistiques mais des attaques, des troupeaux décimés, des nuits sans sommeil. Nous demandons du bon sens : le droit de protéger nos troupeaux, le droit de vivre de notre métier, le droit d'être écoutés. »

Un préfet seul face à la colère

Face à une salle hostile, le préfet Jean-Paul Célet est resté ferme sur ses positions, sans apporter de réponses satisfaisantes aux nombreuses invectives lancées par les éleveurs. Parmi les reproches entendus : « L'État se dédouane et se désolidarise », « Vous êtes déconnectés de la réalité », ou encore « Ce n'est jamais la faute d'aucun animal, et on perd du pognon tous les jours. » La détresse humaine et la pression psychologique subies par les éleveurs ont été largement évoquées, tout comme la problématique des vautours, accusés de s'attaquer à des animaux vivants.

Cette assemblée générale houleuse a mis en lumière les profondes tensions entre le monde agricole et les autorités sur la gestion de la prédation. Le prochain rendez-vous est fixé au 9 avril, lors du comité grand prédateur, où les éleveurs espèrent enfin voir leurs préoccupations prises en compte de manière concrète.

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