Lot-et-Garonne : 300 producteurs de fraises, 20 000 tonnes par an
Lot-et-Garonne : 300 producteurs, 20 000 t de fraises

Une production de fraises d'excellence dans le Lot-et-Garonne

Chaque année, sous les serres du leader régional, le Lot-et-Garonne, sont récoltées 20 000 tonnes de fraises. Les quelque 300 producteurs ne rognent pas sur la qualité. Exemple dans les Landes de Gascogne.

« Mes enfants mangent tous les jours des fraises… Et moi aussi. Je ne m'en lasse pas ! » Dix ans après avoir repris l'EARL de La Courrège à Grézet-Cavagnan, Stéphanie Girou est toujours fan de la belle rouge. Sa mère travaillait dans une exploitation du Lot-et-Garonne, berceau de la gariguette. La quadragénaire a d'abord mis un pied dans la culture de la fraise en Dordogne, en tant que responsable technique. Aujourd'hui, elle fait partie des 300 fraisiculteurs du Lot-et-Garonne (en 2025) qui produisent environ 20 000 tonnes du fruit chaque année, plaçant le département sur la première marche du podium régional, devant la Dordogne.

Une qualité irréprochable

« Une forme impeccable », insiste Stéphanie. Sur les 2,6 hectares du domaine, ce sont des centaines de tonnes annuelles, dont 80 % de gariguette, qui sont chouchoutées et peignées avant de sortir des serres ou des tunnels. Quinze saisonniers et deux salariés œuvrent de mars à octobre. « On récolte les fraises tous les matins depuis la mi-mars, sauf le dimanche, en respectant à la loupe le cahier des charges du Label rouge ou de la qualité extra », détaille la productrice.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Pour procéder à la cueillette, il faut que les sépales, ces petites feuilles qui forment un chapeau au-dessus de la fraise, soient bien relevés. « C'est le signe que le fruit est bien sucré. Il faut aussi qu'elle revête une forme impeccable, une coloration rouge et homogène de haut en bas », développe l'exploitante.

De la serre à l'assiette en 48 heures

Cueillie le matin, la fraise est expédiée à midi à la station de la coopérative et en fin d'après-midi auprès des distributeurs. « Il faut qu'elle soit disponible quarante-huit heures après la récolte pour les consommateurs. » Ses fruits vont inonder la grande distribution dans le sud de la France et le bassin parisien. Ainsi, quand vous mangez des fraises commercialisées par la marque Rougeline, ce sont peut-être les siennes. Le circuit court fonctionne aussi : des villageois viennent se fournir directement, et le restaurant La Vieille Auberge à Casteljaloux les sublime pour ses desserts.

Des traitements plus respectueux

Depuis 2016, Stéphanie, rejointe par son conjoint Olivier Minelli en 2021, a toujours souhaité maîtriser la chaîne du début à la fin. « Nous produisons une grande partie des plants, les autres viennent de Sologne. C'est un beau produit, qui fait plaisir à tout le monde, et il est important de faire perdurer ce savoir-faire », poursuit l'agricultrice passionnée.

Quid de la concurrence espagnole ou marocaine ? « Nous avons vraiment des coûts de production différents. On a aussi investi dans des plates-formes pour réduire la pénibilité des tâches pour les travailleurs. » Soucieuse de traitements plus respectueux, cette mère de famille travaille en lutte intégrée avec des acariens en sachets pour combattre les ravageurs. « Aujourd'hui, on entend un peu tout sur les paysans. La fraise ne nécessite pas autant de chauffage qu'on le prétend. On vit dans nos serres, nos enfants aussi. Nous n'avons donc pas d'autre choix que cette volonté de s'améliorer écologiquement », juge encore Stéphanie Girou.

Du côté du Lot-et-Garonne, les températures qui ont bondi à la mi-avril ont provoqué une surproduction et une baisse du prix au kilo, mais la productrice ne voit pas rouge pour la saison, qui se poursuit.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale