Les éleveurs aveyronnais montent au créneau contre les viandes importées
En janvier 2024 déjà, près de 200 agriculteurs du Sud-Aveyron avaient épluché les supermarchés du territoire pour dénoncer le manque de clarté sur l’origine et le prix des articles en rayons. Inquiète d’une concurrence jugée déloyale, la FDSEA viendra contrôler l’origine des viandes pour défendre la souveraineté alimentaire européenne.
Une mobilisation contre des accords commerciaux controversés
Confrontés de plein fouet à une situation qu’ils jugent "inacceptable", les agriculteurs aveyronnais de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) ont décidé de passer à l’action. Ce jeudi 2 avril, ils seront présents dans les supermarchés de Millau et Rodez pour vérifier l’origine des viandes proposées à la vente et sensibiliser les consommateurs "aux dangers" des accords commerciaux "qui ne respectent pas les mêmes normes sanitaires et environnementales que celles imposées aux producteurs européens."
"La souveraineté alimentaire ne doit pas être sacrifiée tout comme la santé des consommateurs français et européens pour le commerce international", déclare à ce titre la FDSEA. Las, "la viande bovine n’est pas la seule menacée par ces accords de libre-échange qui ne respectent pas les mêmes normes environnementales, sanitaires de traçabilité importantes et strictes, la viande ovine l’est aussi ! Ursula von der Leyen a bradé un peu plus l’agriculture européenne la semaine dernière en signant l’accord entre l’UE et l’Australie", peut-on lire dans le communiqué de la FDSEA.
Des risques sanitaires et une concurrence déloyale dénoncés
Le 25 février dernier, la Direction générale de la santé et de l’alimentation de la Commission européenne a officiellement reconnu que du bœuf brésilien traité à l’œstradiol 17B, une hormone strictement interdite dans l’Union européenne, avait été importé en 2025 en raison de défaillances majeures dans le système de traçabilité brésilien. Deux jours plus tard, la Commission européenne forçait l’application provisoire de l’accord commercial avec le Mercosur, "malgré les risques évidents pour la santé des consommateurs et la concurrence déloyale envers les éleveurs européens" regrette le syndicat.
Pour des agriculteurs aveyronnais habitués à de telles opérations de contrôle, cette nouvelle mobilisation s’inscrit plus largement dans un contexte de défense de la souveraineté alimentaire européenne. "On nous demande de produire toujours mieux, avec des contraintes environnementales de plus en plus fortes, mais on laisse entrer des produits qui ne respectent aucune de ces règles", s’indigne un jeune agriculteur des JA. "Nous voulons que les consommateurs sachent ce qu’ils mettent dans leur assiette", ajoute-t-il, soulignant l’importance de la transparence pour protéger à la fois les producteurs locaux et la santé publique.



