Joan Taïter, un jeune arboriculteur déterminé à s’installer à Céret
Dans le cadre de la série Les Engagés de la ruralité, Midi Libre met en lumière des jeunes étudiants en lycées agricoles qui choisissent de construire leur avenir à la campagne. Joan Taïter, 20 ans, est l’un d’eux. Étudiant en deuxième année de BTS métiers du végétal au lycée de Théza, dans les Pyrénées-Orientales, il nourrit un projet solide : reprendre l’exploitation familiale de cerisiers à Céret, dans la plaine du Palau.
Un héritage familial confronté aux défis climatiques
Son père et son oncle exploitent douze hectares de cerisiers, mais les revenus sont incertains. Tous deux exercent un emploi salarié en parallèle pour compléter leurs ressources. Joan n’ignore pas les difficultés : « Je veux néanmoins m’y installer, avec le projet d’arracher les vieux vergers et de planter d’autres arbres, des oliviers, des amandiers sans doute, enfin des variétés qui résisteront au changement climatique. » Il sait qu’il devra patienter le temps que les arbres poussent et que des filières se structurent pour écouler sa production.
Une stratégie pour sécuriser son installation
En attendant que son exploitation soit pleinement productive, Joan prévoit de travailler comme tractoriste dans une entreprise locale. « Je sais que je peux me faire embaucher comme tractoriste dans une entreprise, qui devrait être compréhensive et me laisser du temps libre au moment de la récolte des cerises », explique-t-il. Cette double activité lui permettra de subvenir à ses besoins tout en développant son projet arboricole.
Un ancrage profond dans le territoire
Joan a toujours baigné dans l’agriculture. Il conduit des tracteurs depuis son plus jeune âge et ne s’imagine pas vivre ailleurs qu’à Céret, où il joue au rugby au sein de l’Entente du Haut Vallespir. « J’ai toujours été là, c’est ici que je m’installerai. Mon but est d’être exploitant à plein temps, peut-être en m’associant, j’ai un copain que ça intéresse. C’est assez dynamique, malgré les difficultés. On est si près de l’Espagne qu’au marché, on trouve des fruits et légumes d’Espagne plutôt que ceux produits ici. Mais en même temps une maison des producteurs est en train de se créer. Il y a de l’avenir pour moi ici ! »



