Fraises du Gard : la Dream détrône la Gariguette, les producteurs face aux défis
Fraises du Gard : la Dream détrône la Gariguette

Fraises du Gard : la Dream détrône la Gariguette, les producteurs face aux défis

En ce début de printemps, les producteurs gardois ramènent leurs fraises sur les étals, avec des variétés comme la Garriguette, la Dream et la Cléry qui animent les marchés. Aux halles de Nîmes, les ventes battent leur plein, témoignant d'un engouement renouvelé pour ces fruits de saison.

Les préférences des consommateurs aux halles de Nîmes

Justine Baeza, qui tient un stand de fruits et légumes aux halles de Nîmes, confirme que les fraises sont en vente depuis la mi-mars. "Nous, ça fait bien quinze jours qu’on en vend. Ce sont celles sous serre, provenant d'un producteur de Jonquières Saint-Vincent", explique-t-elle. Les clients apprécient particulièrement les variétés Cléry et, surtout, la Dream, introduite cette année. "Elle est plus populaire car plus sucrée et plus parfumée. On peut l'utiliser en pâtisserie ou nature pour son goût".

En revanche, la fameuse Fraise de Nîmes, la Gariguette IGP, connaît un succès mitigé. "La Gariguette a moins de succès aujourd’hui car elle est très fragile, trop acidulée, et ça ne plaît pas forcément aux enfants", indique Justine Baeza. Du côté d'Alexandra primeur, également aux halles de Nîmes, on note que la Gariguette est surtout choisie pour les pâtisseries, tandis que la Dream domine les ventes. "C'est la fraise du moment, celle qui détrône la Cléry et la Gariguette".

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Prix et popularité des variétés

Les prix varient selon les étals et les variétés. Chez Alexandra primeur, les 500 grammes de fraises se vendent entre 4,50 € et 8,50 €, avec la Cléry restant populaire pour son prix abordable. Chez Justine Baeza, les prix oscillent entre 4,50 € et 8 €. Ces écarts reflètent la diversité de l'offre et les préférences des consommateurs.

Les défis des producteurs locaux

Essaid El Moussaoui, maraîcher à Lecques près de Sommières, s'apprête à ramasser ses fraises à partir du 10 mai. Il vend ses produits au bord des routes et au Mas des agriculteurs à Nîmes, privilégiant la vente directe. "Je suis payé au juste prix. Heureusement que je ne vends pas en grande surface, sinon mon activité serait morte", confie-t-il, évoquant les pressions inflationnistes.

Les prix de ses fraises varient entre 7 et 9 € le kilo, avec la Gariguette plus chère, entre 10 et 12 €. Fin mars, il a même fait goûter ses fraises à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard lors de sa visite au Mas des agriculteurs.

Cependant, Essaid El Moussaoui fait face à des difficultés. "J'ai commencé la récolte il y a 15-20 jours. La qualité est bien là, mais c'est la quantité qui m'inquiète". Un champignon s'attaque aux racines de ses plants, causant une mortalité importante, notamment pour la variété Cléry. "J'ai perdu beaucoup de plants avec toute l'humidité et la pluie qu'il y a eu cet hiver. Cela touchait déjà l'an dernier". Ce phénomène, pour l'instant sans répercussion sur les étals, reste à surveiller dans les prochaines semaines.

Perspectives pour la saison

Alors que les ventes battent leur plein ce printemps, les producteurs ne chôment pas depuis la mi-mars. Le travail va se poursuivre dans les prochaines semaines, notamment pour les fraises cultivées en plein champ. Les défis climatiques et économiques rappellent la fragilité de cette filière agricole, essentielle pour la région gardoise.

En somme, la saison des fraises en Gard est marquée par l'ascension de la Dream, le déclin relatif de la Gariguette, et les luttes des producteurs pour maintenir une production de qualité face aux aléas naturels et marchands.

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