Un film documentaire célèbre la vie et l'engagement de Jean-Louis, berger des Cévennes
La première projection du film Par monts et par drailles s'est tenue à Saumane, rassemblant pas moins de deux cent vingt spectateurs. Cette initiative, portée par les associations Asphodèle et Déclic Stimuli, a été suivie d'un débat enrichissant. La prochaine séance est prévue à Alès, mercredi 25 mars à 10 heures, dans la salle du Capitole.
Une œuvre issue d'une méthode rigoureuse et d'un long travail de terrain
La réalisation de ce film s'appuie sur la méthode du récit de vie, provenant des sciences sociales. Sa préparation s'est étalée sur quatre années, ponctuées par de nombreuses rencontres avec Jean-Louis Perrier, ainsi que par les étapes de production et la recherche de financements. Plusieurs partenaires ont contribué au projet :
- Des communes, dont une dans le Gard et deux en Lozère
- Des organisations d'éleveurs ovins
- Le Département du Gard
- Le CNRS
Jean-Louis Perrier, figure emblématique du pastoralisme cévenol
Le film met en lumière Jean-Louis, berger de soixante-quinze ans vivant à Saint-André. Il est le personnage principal de cette œuvre produite par Gabriel Chabanier, basé à Toulouse, et réalisée par Dana Rappoport, directrice du laboratoire d'ethnomusicologie au CNRS. Après avoir acquis une ferme dans la vallée de Sext, entre le col des Salidès et Cabrillac, Dana et Gabriel ont rencontré Jean-Louis. Celui-ci a pratiqué la transhumance pendant plus de cinquante ans, de Faveyrolles à Sext, et auparavant jusqu'au mont Lozère, avant l'épidémie de brucellose ovine de 1975.
Né à La Coste, un hameau de Faveyrolles sur la commune des Plantiers, Jean-Louis Perrier raconte son expérience de la transhumance à pied, qu'il pratique depuis 1965, au rythme des brebis. Il avait seize ans lors de sa première transhumance. Aujourd'hui, il élève encore trente-cinq brebis allaitantes au Puech. Il continue de transmettre sa passion aux jeunes bergers attachés aux traditions pastorales des Cévennes, comme la transhumance et la valorisation des troupeaux. À ses côtés, Michèle Bouillot, bergère d'estive à Saint-André-de-Valborgne, perpétue également ces pratiques au col des Salidès.
Les défis majeurs auxquels fait face le pastoralisme aujourd'hui
Cependant, cette activité ancestrale fait face à de nombreux défis :
- La présence du loup
- Le changement climatique
- La raréfaction du fourrage
- Les risques sanitaires comme la brucellose, qui peut entraîner l'abattage des troupeaux
- Les contraintes administratives
- La fragilité économique
L'importance cruciale de l'élevage pour les Cévennes
Malgré ces difficultés, l'élevage et l'estive des brebis et des chèvres restent essentiels dans les Cévennes. Ils jouent un rôle clé dans :
- L'entretien des paysages de montagne
- La prévention des incendies
- Le maintien de la biodiversité
Ce film documentaire sert ainsi de témoignage précieux sur une pratique menacée mais vitale, à travers le parcours inspirant de Jean-Louis Perrier.



