La FDSEA de Dordogne dévoile sa stratégie post-défaite pour peser sur l'agriculture
FDSEA Dordogne : stratégie post-défaite pour l'agriculture

La FDSEA de Dordogne trace sa voie après l'échec électoral

L'assemblée générale de la FDSEA de la Dordogne, tenue jeudi 12 mars au Pôle interconsulaire de Coulounieix-Chamiers, a été l'occasion pour le syndicat agricole majoritaire de détailler sa feuille de route stratégique. Malgré la défaite cuisante subie en février 2025 aux élections de la Chambre d'agriculture, l'organisation entend continuer à peser de tout son poids dans les décisions concernant le monde agricole.

« Proposer pour obtenir » : le credo de la FDSEA

Le président Joël Fréret a martelé le principe fondateur du syndicat : « Proposer pour obtenir, c'est l'esprit de la FDSEA ». Souvent critiquée par ses adversaires de la Coordination rurale pour sa pratique de la cogestion avec les services de l'État, la FDSEA périgourdine a voulu démontrer que son approche négociatrice constitue une stratégie payante à long terme.

Lors de cette assemblée générale, les dirigeants ont rappelé les nombreuses actions menées pour « faire remonter les difficultés de l'agriculture ». Parmi les dossiers prioritaires :

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  • Les dégâts importants causés par le gibier
  • Les crises sanitaires récurrentes
  • Le fardeau administratif croissant
  • La détresse psychologique dans le milieu agricole
  • Les concurrences déloyales, notamment celles anticipées avec le traité du Mercosur

Une méthode jugée plus efficace que la communication sur les réseaux

Le secrétaire général Thierry Delbarry a défendu avec conviction le travail de fond réalisé par le syndicat : « Nous avons déposé 500 amendements, travaillés en amont avec nos juristes. C'est moins sexy que de communiquer sur Facebook, mais plus efficace ». Une pique évidente à l'encontre de la Coordination rurale, connue pour ses campagnes virales sur les réseaux sociaux lors de ses mobilisations.

L'irrigation au cœur des préoccupations

Une partie substantielle des débats a été consacrée à la question cruciale de l'irrigation, présentée comme un outil indispensable pour permettre aux agriculteurs de résister aux sécheresses de plus en plus fréquentes. Éric Frétillère, président des Irrigants de France, et Franck Laborde, président de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), ont exposé leur modèle de cogestion pour influencer les politiques publiques en la matière.

« Quand on débloque un dossier de création de réserves pour stocker l'eau, c'est de la cogestion, estime Franck Laborde. Et moi, je la revendique », a-t-il affirmé avec force. Les deux responsables ont insisté sur l'importance capitale de l'irrigation pour préserver la sécurité alimentaire nationale.

Un plan de relance ambitieux

La défaite électorale de février 2025 reste une blessure ouverte que les syndicalistes reconnaissent sans détour. « Nous devons nous relever », ont-ils lancé avant de dévoiler les grandes lignes de leur plan stratégique de reconstruction.

D'ici l'été 2026, la FDSEA s'engage à présenter un projet politique complet pour la période 2026-2029. Parmi les axes prioritaires identifiés :

  1. Retisser des liens solides avec des partenaires historiques comme la MSA, le Crédit agricole et Groupama
  2. Renforcer la capacité d'influence auprès des décideurs publics
  3. Développer une approche collective pour défendre les intérêts agricoles

La stratégie du « faire bloc », déjà mise en œuvre par les irrigants, devrait ainsi s'étendre à l'ensemble des actions syndicales. L'objectif reste clair : peser sur les décisions qui façonnent l'avenir de l'agriculture française, malgré les revers électoraux.

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