Au cœur du Médoc, le domaine familial Bergey allie vignoble et élevage depuis quatre générations
Domaine Bergey : vignes et élevage, une histoire familiale en Médoc

Le Temple de Tourteyron : un domaine médocain où vignes et vaches cohabitent

Dans le nord de la presqu'île médocaine, à Valeyrac, le château Le Temple de Tourteyron dévoile une facette méconnue du territoire. Ici, entre l'estuaire et un petit port, l'exploitation familiale des Bergey cultive 24 hectares de vignes tout en élevant un troupeau de charolaises sur près de cent hectares de prairies et de bois.

Quatre générations d'enracinement

L'histoire commence avec un arrière-grand-père qui rachète le domaine en ruines. Depuis, la famille n'a cessé de reconstruire, d'adapter et de transformer cette propriété. Jean-Pierre Bergey, le père, a introduit l'élevage charolais - une race rustique capable de vivre dehors une grande partie de l'année - complétant ainsi l'activité viticole traditionnelle.

Mélissa et Loïc Bergey, après leurs études, rejoignent l'exploitation en 2008. Ils prennent le relais dans un contexte déjà fragile, réduisant le troupeau, réorganisant le travail et développant la mise en bouteille au domaine. « Ce n'est pas seulement produire du vin », explique Mélissa, « il faut aussi savoir vendre, recevoir, faire visiter, expliquer, négocier. Et continuer à soigner les bêtes. »

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Une adaptation économique nécessaire

Le domaine a évolué d'un modèle tourné vers le négoce en vrac vers une diversification incluant :

  • La mise en bouteille et la vente directe
  • Le développement de l'œnotourisme
  • Une gamme de vins plus souples et fruités
  • Le maintien des clients européens plutôt qu'une orientation massive vers la Chine

Aujourd'hui, 70% de la production reste commercialisée via le négoce traditionnel, les 30% restants étant vendus directement par le château. Cette stratégie permet de maintenir l'activité sans recourir à l'arrachage des vignes.

La polyculture : un choix exigeant

Lors d'une réunion sur la polyculture le 10 mars dernier, Mélissa Bergey a tenu un discours sans illusion. « L'élevage ne s'improvise pas », souligne-t-elle. « C'est un autre métier, un métier de sept jours sur sept qui exige du matériel, de l'expérience et une organisation rigoureuse. »

Sur la propriété, ils sont trois permanents : Mélissa, son frère Loïc et leur père Jean-Pierre, officiellement retraité mais toujours présent. L'élevage, qui a longtemps tenu à peine malgré les aides, connaît aujourd'hui une légère amélioration avec la remontée des cours, mais « ce n'est pas ça qui nous fait vivre », résume Mélissa.

Un ancrage familial profond

Derrière les arbitrages économiques se cache un lien plus profond. Jean-Pierre Bergey avait laissé le choix à ses enfants : vendre le domaine ou poursuivre l'aventure en connaissant le poids du travail et les concessions qu'impose une telle vie.

Ils ont choisi de rester. « Nous aurions pu partir, choisir une existence plus légère », reconnaît Mélissa, « mais nous avons préféré garder les vignes et les vaches. »

Ce choix s'inscrit dans une continuité familiale qui remonte à l'enfance. Accompagner les vaches au moment du vêlage, être présent, observer, intervenir parfois - ces gestes ne se racontent pas, ils se vivent. Ils tissent, au fil des années, un lien particulier à la terre et aux animaux.

Supprimer le troupeau reviendrait à renoncer à une part de l'histoire du lieu, à laisser certaines terres partir en friche, à perdre un équilibre écologique précieux. À Valeyrac, les vaches ne sont pas un décor - elles font partie intégrante de l'identité du domaine, tout comme les vignes qui produisent le vin médocain.

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