Réunis en assemblée générale samedi 25 avril à Périgueux, les chasseurs de la Dordogne constatent une baisse de leurs effectifs, alors qu'ils doivent contenir la surpopulation du grand gibier et répondre aux attentes de l'État et des agriculteurs. La Fédération départementale des chasseurs de la Dordogne (FDC 24) a présenté ses activités dans une salle comble de la Filature. Ses missions de service public, notamment la régulation des espèces et l'indemnisation des dégâts, pèsent lourdement sur son budget et le moral des troupes.
Indemnisations en forte hausse
Les indemnisations des dégâts causés par le grand gibier sur les parcelles agricoles ont atteint 770 875 euros en 2024-2025, contre 433 662 euros l'année précédente. En ajoutant les coûts d'équarrissage (227 727 euros, en hausse de près de 50 000 euros), le service dégâts de grand gibier est déficitaire. La baisse des subventions de l'État et des contributions de la Fédération nationale des chasseurs explique en partie cette situation. L'obligation de réguler les espèces, qui repose exclusivement sur les chasseurs, suscite des mécontentements. « Il faut réformer ce système qui met à mal nos structures », souligne l'administrateur Olivier Gauthier.
Une chasse « en sursis »
« La chasse est en sursis », lance Jean-Paul Dubos, secrétaire général de la FDC 24. Les chasseurs assument un rôle de sentinelles sanitaires en réduisant le nombre d'animaux porteurs de maladies, mais ils plaident pour « retrouver une chasse plaisir » afin d'enrayer la chute des effectifs. La Dordogne compte 15 025 chasseurs, soit 520 de moins que lors de la saison précédente. À l'attention des services de l'État et des agriculteurs, qui demandent d'augmenter les prélèvements, Jean-Paul Dubos lance un avertissement : « Les chasseurs font le job, mais jusqu'à quand ? » Nouveauté cette année, le tir de nuit pour le sanglier sera autorisé à titre expérimental, une mesure qui divise les chasseurs pour des raisons de sécurité.
Valorisation de la venaison : un projet en gestation
Les chasseurs travaillent avec la Communauté d'agglomération bergeracoise (CAB) pour valoriser la viande de gibier. Son président, Frédéric Delmarès, a présenté un projet « pas encore bien ficelé » visant à créer un centre de traitement de la venaison à Bergerac. La CAB confierait la transformation à un prestataire non encore trouvé. Les chasseurs devraient se doter de quatre centres de collecte dans le département. Ce projet suscite des réactions : le président de la Chambre d'agriculture, Rémi Dumaure, évoque les risques « d'une chasse commerciale » contraire aux intérêts des agriculteurs.
Domaine du Bûcher : portes ouvertes en mai
Le domaine du Bûcher, d'une superficie de 190 hectares à cheval sur les communes de Château-l'Évêque, Agonac et Biras, est le quatrième acquis par la FDC 24 pour des actions de pédagogie autour de la nature. Ses sept plans d'eau sont en cours d'aménagement et de mise aux normes. Le domaine sera ouvert notamment aux scolaires et accueillera à terme le siège social de la FDC 24 et son école chasse nature. Une journée portes ouvertes est prévue samedi 30 mai.



