Bordeaux 2025 : une récolte historique parmi les plus faibles jamais enregistrées
Les chiffres tombent et ils sont alarmants pour le vignoble bordelais. La production du millésime 2025 s'annonce comme l'une des plus faibles de l'histoire récente de cette région viticole emblématique. Avec moins de trois millions d'hectolitres précisément, ce millésime se place juste au-dessus des récoltes les plus faméliques que sont celles de 1977 et 1991.
Une combinaison de facteurs dévastateurs
Dans le vignoble bordelais, une combinaison de facteurs vient d'accoucher d'une des plus faibles récoltes de son histoire. Les milliers d'hectares de vignes arrachés ces dernières années s'ajoutent à de très faibles rendements, tout particulièrement pour les vins blancs, entraînant un millésime 2025 très resserré. Avec moins de trois millions d'hectolitres (2,9), il se place juste derrière celui de 1991 (2,4), ravagé par le gel dans des proportions considérables, ou celui de 1977 (2), l'un des pires de l'ère contemporaine.
20 000 hectares arrachés et la tendance continue
Bordeaux produit moins et cela ne changera pas au cours des prochaines années. Il y a tout d'abord l'effet structurel lié à la nouvelle dimension du vignoble bordelais. Pour répondre davantage à l'offre et à la demande et à la crise commerciale qui le frappe, 20 000 hectares de vignes ont été arrachés. Le vignoble s'étire désormais sur 86 000 hectares - un niveau plus connu depuis 1986 - quand il tutoyait les 110 000 hectares avant la pandémie de Covid-19.
Le Bordelais pourrait en perdre au moins 10 000 hectares de plus sur la prochaine année. Un nouveau plan national est en cours : les dépôts de dossiers tablent pour l'heure sur environ 8 000 hectares en Gironde. « Et puis, nous estimons à 3 000 ou 4 000 hectares qui seront supprimés sans prime, les viticulteurs se gardant la possibilité de replanter », précise, ce mardi, le président du CIVB (Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux) Bernard Farges, en marge d'une conférence de presse organisée à Paris.
La productivité devient « un sujet nouveau »
Le deuxième facteur d'effondrement de la récolte est lié au changement climatique qui frappe, selon ses humeurs et les années, par du froid (gel), du chaud (sécheresse) ou d'autres attaques (mildiou ou grêle). « Il a amené une accélération de la baisse de productivité de notre vignoble », insiste Bernard Farges. Cette « productivité » devient un sujet nouveau dans le vignoble bordelais qui va devoir s'évertuer, face à de multiples contraintes, « produire ce qu'il est en capacité de produire ».
La situation est donc particulièrement préoccupante pour l'ensemble de la filière viticole bordelaise. Les professionnels du secteur doivent maintenant faire face à une double contrainte : des surfaces en diminution constante et des rendements affectés par les aléas climatiques. L'avenir du vignoble bordelais se joue aujourd'hui dans sa capacité à s'adapter à ces nouvelles réalités tout en préservant la qualité qui fait sa renommée internationale.



