Attaques de troupeaux en Béarn : les éleveurs accusent le loup, l'OFB évoque un grand canidé
Attaques de troupeaux en Béarn : éleveurs vs loup, tensions montent

Une série d'attaques meurtrières frappe les élevages béarnais

Les communes d'Arthez-d’Asson, Arros-de-Nay, Bœil-Bezing et Coarraze, situées dans le Pays de Nay au sud-est de Pau, sont sous le choc après une série d'attaques ayant décimé des troupeaux ces derniers jours. Au total, une vingtaine de brebis ont été tuées lors de ces incidents répétés, révélés par La République des Pyrénées. L'atmosphère est particulièrement tendue parmi les professionnels de l'élevage, qui voient leurs exploitations menacées.

Loup ou grand canidé ? La controverse s'installe

Du côté des éleveurs, la conviction est forte : il s'agit de l'œuvre d'un ou plusieurs loups. Cette hypothèse est étayée par des observations répétées de l'animal dans le secteur. Bernard Allègre, président du Groupement Pastoral de Bruges, ne mâche pas ses mots : « On est tous dégoûtés ! ». En revanche, l'Office français de la biodiversité (OFB) reste plus prudent dans ses déclarations, évoquant pour l'instant « un grand canidé ».

Signe de l'importance et de la sensibilité du dossier, l'OFB a annoncé ce mercredi 25 mars que toute communication sur le sujet passerait désormais exclusivement par la préfecture. Une réunion avec le préfet était initialement prévue mardi 24 mars, mais elle n'a pas eu lieu. Des responsables de l'Association des éleveurs et transhumants des vallées béarnaises (AETVB) ont indiqué ne pas avoir pu être reçus. Contactés, les services préfectoraux ont confirmé dans un premier temps la tenue de la rencontre, mais n'ont pas donné suite concernant le contenu des échanges.

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Un comité départemental et des tensions historiques

La préfecture a informé qu'un comité départemental consacré au loup se tiendra le 7 avril prochain. Cette annonce intervient dans un contexte où un prédateur présentant les caractéristiques d'un loup rôde depuis plusieurs années sur le secteur de Nay, semant la désolation. Bernard Allègre dresse un bilan alarmant : « Depuis 2018, sur 14 éleveurs du Groupement pastoral de Bruges, seulement deux n'ont pas subi d'attaques sur leurs troupeaux. Et il n'y a pas que les brebis égorgées : derrière, il y a aussi les avortements, le stress, les indemnisations qui ne couvrent pas la perte, etc. ».

Lui-même a dû renoncer à la transhumance estivale avec son troupeau, la montagne de Bruges ayant été ciblée à de nombreuses reprises. « Je garde mes brebis à la maison, dans un parc électrifié, et la nuit elles dorment dans la bergerie », explique-t-il, illustrant les mesures de protection extrêmes mises en place.

Les éleveurs exigent des actions concrètes et rapides

Face à cette situation critique, les éleveurs attendent des autorités des décisions fermes et rapides. Bernard Allègre lance un appel pressant : « On espère qu'il va y avoir des battues administratives. Parce que les tirs de défense, ça ne vaut rien ! On est éleveurs, pas chasseurs ». Cette déclaration souligne la frustration et le sentiment d'impuissance qui gagnent les professionnels, confrontés à des pertes économiques et à un stress permanent pour leurs animaux.

Les attaques récentes ne font qu'accentuer une cohabitation déjà difficile entre l'activité pastorale et la présence de prédateurs dans la région. L'enjeu est de taille pour la préservation du pastoralisme en Béarn, alors que les éleveurs réclament une protection efficace de leurs troupeaux et des solutions durables pour mettre fin à ces prédations répétées.

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