Arrachage des vignes : le syndicat familial dénonce un plan social silencieux de 58 000 emplois
Le Modef Occitanie, syndicat représentant les exploitations viticoles familiales, a lancé un cri d'alarme ce 13 avril lors d'une conférence de presse à la chambre d'Agriculture de Nîmes. Didier Gadéa, vigneron près de Pézenas et nouveau président du syndicat, a dénoncé avec virulence le plan d'arrachage en cours, qu'il qualifie de plus grand et plus silencieux plan social du pays, estimant qu'il va détruire 58 000 emplois directs ou indirects dans la filière viticole.
Un arrachage massif et ses conséquences sur l'emploi
Selon les chiffres avancés, près de 30 000 hectares de vignes seront arrachés cette année sans être remplacés, s'ajoutant aux 27 000 hectares arrachés en 2025. Au total, 100 000 hectares sont programmés à disparaître dans le cadre de ce plan, présenté comme une réponse à la surproduction. Didier Gadéa a souligné que cette destruction massive de l'outil de travail est comparable à ce que la Lorraine a vécu avec la sidérurgie, et il critique la complicité des autres syndicats agricoles ainsi que le silence assourdissant des parlementaires sur cette question.
Les propositions alternatives du Modef
Face à cette crise, que Didier Gadéa décrit comme la plus dure depuis 80 ans pour la viticulture, le Modef propose des solutions concrètes. Plutôt que l'arrachage, le syndicat réclame la replantation de l'ensemble du vignoble avec des cépages résistants, s'inspirant de l'action des ancêtres face au phylloxéra au XIXe siècle. Pour financer cette transition, il demande une augmentation de la part OCM vin sur les fonds européens de la PAC dédiés à la France, à hauteur de 900 millions d'euros.
Dénonciation des prix et des politiques européennes
Le syndicat dénonce également le montant proposé par l'Union européenne pour la distillation des stocks invendus, fixé à 35 centimes le litre, qu'il juge indécent face à un coût de production de 1,20 €. Le Modef réclame l'instauration d'un prix plancher rémunérateur à 2 € le litre comme base de négociation. Par ailleurs, Didier Gadéa s'inquiète de la baisse annoncée des fonds agricoles de la PAC de 22 % d'ici 2027, une mesure qui, selon lui, va encore impacter davantage les petites exploitations familiales.
Une approche différente des manifestations
Alors que des actions de la Confédération paysanne sont prévues en fin de semaine pour contester les traités de libre-échange, le Modef n'envisage pas de rejoindre ces manifestations sur le terrain. Didier Gadéa ironise sur les méthodes traditionnelles de protestation, estimant que brûler des palettes ou barrer des routes n'a pas permis de sortir de l'ornière. Il prône plutôt un changement des responsables syndicaux et des appellations qui, selon lui, ont conduit la viticulture dans une impasse depuis 30 ans.
En conclusion, le Modef Occitanie appelle à une prise de conscience urgente pour sauver la viticulture familiale en Occitanie, mettant en garde contre la disparition de cette filière si les politiques actuelles ne sont pas revues. Le syndicat continue de mobiliser ses efforts pour alerter les parlementaires et proposer des alternatives viables à l'arrachage massif des vignes.



