Arrachage de vignes : seulement 570 ha prévus en Charente, loin des attentes
Arrachage de vignes en Charente : 570 ha, loin des attentes

Un plan d'arrachage en deçà des espérances en Charente

Moins de 140 viticulteurs charentais pourraient arracher entre 530 et 570 hectares de vignes de façon définitive en 2026. Ce volume est jugé insuffisant par la filière cognac, qui misait sur environ 2 000 hectares pour enrayer la crise de surproduction.

Un plan national à 130 millions d'euros

Au total, 5 824 viticulteurs français ont accepté de participer à ce plan gouvernemental d'aide, doté de 130 millions d'euros avec le soutien financier de l'Europe. Ils devraient faire disparaître 27 929 hectares en 2026, soit 4 % de la surface du vignoble national. Chaque bénéficiaire touchera 4 000 euros par hectare. Le guichet était ouvert du 5 février au 11 mars, et une « grande majorité des dossiers » provient du Sud-Ouest et de l'Occitanie, notamment de Gironde, de l'Aude et du Gard, a indiqué Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin et cidre de FranceAgriMer, le 12 mars. Il s'exprimait lors d'une interview à l'AFP et précisait qu'il s'agissait de « chiffres provisoires à consolider ».

Des chiffres officieux pour la Charente

Les données statistiques par département ne sont pas encore disponibles, mais la presse spécialisée livre des estimations officieuses. Selon « Vitisphère », les demandes en Gironde représentent plus du quart des surfaces globales, tandis que dans le pays du cognac, les surfaces sont « en dessous des attentes » : 570 hectares au total, dont 187 hectares en Charente et 383 hectares en Charente-Maritime. De son côté, « Le Paysan vigneron » rapporte que 135 exploitants souhaitent arracher 560 hectares. Interrogés par « Sud Ouest », les services du Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) avancent le chiffre de 530 hectares, issu de l'examen des dossiers parallèles de surprime locale. La filière cognac propose en effet d'ajouter 6 000 euros à l'aide nationale de 4 000 euros, ce qui a créé des tensions avec les négociants.

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Un décalage avec les attentes

Moins de 140 viticulteurs charentais pourraient donc arracher 530 à 570 hectares, soit à peine 0,6 % de la surface du vignoble planté de cépages blancs aptes à l'élaboration de cognac (95 000 hectares lors des dernières vendanges). Les professionnels misaient sur trois à quatre fois plus, soit environ 2 000 hectares. Comment expliquer un tel décalage ?

Un calendrier inadapté

Pour Anthony Brun, président de l'Union générale des viticulteurs pour l'AOC cognac (UGVC), « le temps de réflexion laissé à ceux qui pouvaient être intéressés était trop court ». Il ajoute : « Se résoudre à détruire l'outil d'une vie de travail en cinq semaines à peine, c'est difficile. » Il souligne également que le calendrier du plan de FranceAgriMer ne correspond pas au cycle végétal de la vigne : « En février et mars, on pense à tailler, pas à arracher. »

Des réflexions en cours

Au BNIC, on indique réfléchir à des « dispositifs adaptés à la réalité charentaise ». Les viticulteurs seront « sondés en juin » pour évaluer la pertinence d'un « nouvel outil d'arrachage temporaire ». Le président Florent Morillon, le vice-président Christophe Veral et le directeur Raphaël Delpech ont convié la presse à un « point d'actualité » ce jeudi 30 avril.

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