Quatre agriculteurs de la Coordination rurale devant la justice toulousaine pour vandalisme sur le réseau électrique
Quatre agriculteurs affiliés à la Coordination rurale, dont le président du syndicat de Haute-Garonne, seront jugés le 8 avril prochain devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Ils sont poursuivis pour des dégradations commises en réunion sur des transformateurs du gestionnaire de réseau Enedis au cours du mois de janvier dernier. Cette information a été confirmée par le procureur de la République, David Charmatz, lors d'une conférence de presse tenue vendredi au palais de justice de Toulouse.
Des actes de vandalisme aux conséquences importantes
Le parquet a requis le placement des quatre prévenus sous contrôle judiciaire dans l'attente de leur comparution. Les faits reprochés se sont déroulés entre le 15 et le 27 janvier, sur six nuits distinctes. Au total, soixante-treize dégradations ont été recensées sur le réseau de transformateurs d'Enedis, privant d'électricité environ 4 300 foyers. Le préjudice financier est estimé entre 80 000 et 90 000 euros.
Lors de sa déclaration, le procureur David Charmatz a tenu à souligner un point important : ces actes de vandalisme n'ont aucun lien avec les manifestations agricoles qui ont secoué le pays durant l'hiver. Il s'agit d'actions isolées, menées en dehors du cadre des mouvements de protestation organisés par la profession agricole.
Une enquête qui a rapidement ciblé le milieu agricole
Une enquête avait été ouverte dès le début des dégradations. Des patrouilles nocturnes de gendarmerie, déployées pour surveiller les secteurs concernés, ont permis d'interpeller six individus dans la nuit du 26 au 27 janvier. Ces personnes étaient réparties dans deux véhicules distincts où les forces de l'ordre ont notamment découvert des bonnets jaunes, symbole de la Coordination rurale.
Le colonel Stéphane Dallongeville, chef des opérations du groupement de gendarmerie de Haute-Garonne, a indiqué aux médias que les enquêteurs « n'imaginaient absolument pas que ces actes avaient un lien avec les agriculteurs » au début des investigations. L'analyse de la téléphonie des suspects a cependant permis de confirmer leur présence sur les lieux des exactions lors des six nuits concernées.
Sur les six hommes initialement interpellés mercredi et placés en garde à vue, trois ont reconnu les faits et ont désigné le président départemental de la Coordination rurale comme participant. Ce dernier a également été placé en garde à vue mercredi soir. Les quatre hommes maintenant poursuivis sont inculpés pour :
- Dégradations de biens d'utilité publique en réunion
- Vols en réunion de cadenas
- Vols en réunion de clavettes, les pièces métalliques des transformateurs
Ils encourent des peines pouvant aller jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 3 500 euros d'amende par transformateur dégradé.
Une seconde enquête distincte en cours
Le procureur a par ailleurs précisé que les quatre agriculteurs ne sont pas concernés par une seconde enquête portant sur un incident survenu le 15 janvier. Ce jour-là, un arbre avait été scié en bordure de route et laissé sur la voie publique, provoquant deux accidents. Cette affaire fait l'objet d'une instruction séparée qui se poursuit activement.
La conférence de presse du procureur s'est tenue en présence d'une trentaine d'agriculteurs de la Coordination rurale, réunis vendredi matin au palais de justice de Toulouse, manifestant ainsi leur soutien aux mis en cause.



