Des agriculteurs mobilisés contre la flambée des prix du carburant
Dans la nuit de lundi à mardi, plusieurs dizaines d'agriculteurs membres de la Coordination rurale, principalement issus des départements du Tarn et de la Haute-Garonne, se sont rassemblés à Lespinasse, à proximité de Toulouse. Leur objectif était clair : bloquer l'accès à un dépôt pétrolier pour protester contre l'augmentation continue du prix du gazole non routier, communément appelé GNR.
Une action déterminée malgré l'interdiction
Maxime Raud, président de la Coordination rurale de Haute-Garonne, présent sur les lieux avec environ soixante agriculteurs depuis minuit, a détaillé leurs revendications auprès de l'AFP. « Nous exigeons le GNR à 1 euro TTC, le gazole à 1,50 euro TTC et une baisse significative du prix des engrais », a-t-il déclaré. Il a également assuré que leur mobilisation serait maintenue sans limite de temps : « Tant que nous ne serons pas délogés, nous resterons. C'est illimité ».
L'accès au dépôt pétrolier de Lespinasse a été effectivement bloqué par le contenu d'une benne déversé sur la chaussée, ainsi que par sept ou huit tracteurs positionnés stratégiquement. Cette action, bien que spectaculaire, s'est déroulée en dépit d'une interdiction formelle de manifester édictée par les autorités préfectorales.
Une réponse ferme des autorités
La préfecture de Haute-Garonne a rapidement réagi en rappelant le caractère illégal de cette manifestation. « Ce mouvement est initié par la CR31 en violation d'une interdiction de manifester. Étant donné son illégalité, aucune négociation n'est envisagée. Les agriculteurs présents seront verbalisés s'ils persistent à occuper les lieux », a-t-elle indiqué dans un communiqué officiel.
Cette situation intervient dans un contexte économique particulièrement tendu pour le monde agricole. La guerre au Moyen-Orient a en effet entraîné une hausse substantielle du coût du carburant et des engrais, ajoutant des difficultés supplémentaires à des exploitants déjà confrontés à de multiples défis.
Des mesures gouvernementales jugées insuffisantes
Face à cette crise, le gouvernement a annoncé, jeudi dernier, une prise en charge des cotisations sociales des agriculteurs via une enveloppe dédiée de 20 millions d'euros. Cette mesure s'ajoute à la suspension, en avril, des droits d'accise sur le GNR utilisé par les tracteurs.
Cependant, cette exonération de taxe sur le GNR agricole, qui représente 14 millions d'euros supplémentaires pour le mois d'avril, ne correspond qu'à une baisse de quatre centimes d'euros par litre. Un montant que les agriculteurs jugent dérisoire face à l'ampleur de la hausse des prix.
Il est important de noter que le budget 2026 prévoyait déjà un allègement de taxe sur le GNR pour les agriculteurs à hauteur de 1,3 milliard d'euros. Malgré cela, le prix du GNR a connu une augmentation vertigineuse, passant de 1,28 euro par litre à 2,094 euros en date du 3 avril, selon les dernières données officielles disponibles.
Cette mobilisation nocturne des agriculteurs de la Coordination rurale souligne ainsi l'urgence de la situation et la détermination des exploitants à faire entendre leurs revendications, même au prix d'actions illégales et de potentielles sanctions.



