Place Francheville à Périgueux : l'histoire vibrante du cœur de la ville
Place Francheville : l'histoire du cœur de Périgueux

Place Francheville : le poumon historique de Périgueux

En février 2007, l'agence « Sud Ouest » est inaugurée place Francheville à Périgueux, marquant un nouveau chapitre pour cet espace emblématique. D'une superficie de près de 18 000 mètres carrés et d'une largeur de 125 mètres, cette place est la plus grande de la ville de Dordogne. Son histoire remonte à l'Antiquité, où elle servait de carrière de pierre, avant de devenir un terrain vague entre la Cité et le Puy-Saint-Front.

La transformation au XIXe siècle

C'est au XIXe siècle que la place Francheville prend son visage moderne, grâce au nivellement effectué par 300 prisonniers prussiens. Initialement nommée place de Prusse, elle est rebaptisée en l'honneur de l'évêque éponyme, ouvrant ainsi ses grandes heures. Elle devient rapidement un centre névralgique, accueillant des hôtels, des commerces, des marchés et diverses manifestations tout au long des XIXe et XXe siècles.

Marie-José Abenoza, qui a travaillé pendant près de cinq décennies au sein de l'institution Lascaud-Simon, se souvient : « C'était une place centrale, une véritable ruche. » Jacotte Gesson, tenancière d'une épicerie à partir de 1967, rappelle la présence d'abreuvoirs, témoins des nombreux marchés aux bestiaux qui s'y tenaient depuis le XIXe siècle. Les éleveurs vendaient leurs porcs, bœufs et moutons, tandis que la place accueillait aussi des événements culturels comme des cirques, des pièces de théâtre classique des Tréteaux de France et même des feux d'artifice.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un lieu de rassemblement et de commerce

En mai 1968, la place Francheville sert de lieu de rassemblement privilégié pour les grévistes, avec des manifestations qui partent ou se terminent souvent là. Les commerces prospèrent autour de cet espace vaste. Rolph Hammel y lance son entreprise de robinetterie dans une cour, avant de déménager à Marsac. L'hôtel Domino, un établissement de prestige face à l'hôtel de France, accueillait des vedettes et hommes politiques, dont François Mitterrand. Marie-José Abenoza se souvient : « Je me souviens, enfant, j'y voyais des Rolls, c'était magique. » L'hôtel Domino, devenu l'Altéa puis le Talleyrand, ferme définitivement en 1988.

La place abritait une douzaine de magasins en descendant de la rue Wilson, incluant Lascaud-Simon, décrit comme une caverne d'Ali-Baba, l'épicerie de Jacotte Gesson, une imprimerie, un cinéma avec son bar, un lunettier, un marchand de tapis, le Loto, l'agence immobilière Joussely et le garage Pradeau avec sa pompe à essence. En face, on trouvait une coopérative agricole, un marchand de graines, le grossiste Labatut et un bar-tabac indétrônable. Monoprix remplace les Nouvelles Galeries dans les années 1930, bien qu'initialement sans section alimentaire, comme le note Jacotte Gesson.

Évolution et nostalgie

La place Francheville a également accueilli une gare routière pendant de nombreuses années, avec une construction en béton mise en service en août 1980 après la démolition de la petite gare du tacot. En 1972, un parking souterrain est creusé, marquant le début de sa mue. Les marchés hebdomadaires du mercredi et samedi proposaient chaussures, vaisselle et livres, sans oublier les marchés de Noël. Marie-José Abenoza regrette surtout « l'ambiance » de cette époque.

Cet article, initialement publié le 23 mai 2021, plonge dans les archives pour retracer l'histoire collective de la région, rappelant comment la place Francheville a constitué le cœur battant de Périgueux, un témoignage vivant de son patrimoine et de son dynamisme.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale