Saintes : le projet muséal au cœur des débats pour les municipales 2026
À l'instar de l'Interclub de Saintes sur les questions économiques, l'association MédiaCtions a récemment interrogé les cinq candidats aux élections municipales de 2026 concernant leurs positions sur le projet muséal, considéré comme une priorité patrimoniale pour la ville. Parmi les candidats – Rémy Catrou (LFI), Laurent Daviet (divers droite), Bruno Drapron (Horizons), Jean-Philippe Machon (divers droite) et Ludovic Norigeon (PS) – seul Laurent Daviet n'a pas répondu au questionnaire détaillé de l'association.
MédiaCtions : une association née de la défense du patrimoine
Fondée en septembre 2017, MédiaCtions est apparue en réaction au projet de l'ancien maire divers droite Jean-Philippe Machon, qui souhaitait installer des gradins dans l'amphithéâtre gallo-romain de Saintes. Cette initiative avait été perçue comme une hérésie par le collectif, qui a finalement remporté cette bataille. Depuis, l'association continue de militer activement pour la préservation des nombreux patrimoines saintais, avec notamment une récente campagne pour une meilleure reconnaissance des thermes de Saint-Saloine.
Le projet muséal : une priorité pour le prochain mandat
Pour MédiaCtions, la création d'un projet muséal constitue la priorité absolue pour Saintes et le prochain mandat municipal. Cécile Trébuchet, la présidente de l'association, utilise une métaphore médicale pour illustrer sa position : « À l'hôpital des patrimoines, l'amphithéâtre a été opéré deux fois, il manque encore la troisième phase – la mise en place du drainage – avant une convalescence douce. » Elle qualifie la collection archéologique, qui ne se limite pas à la période romaine, de « malade chronique », une maladie qui ronge la ville dans son immobilisme. La solution proposée est claire : « Lui fournir un écrin par le biais d'un projet muséal. »
Le collectif estime que ce dossier pourrait s'inscrire à l'échelle de l'Agglomération de Saintes. « Ça concerne le territoire, appuie Joëlle Nübold, membre de l'association. Dans la collection, on a de la pierre de Thénac, des poteries de La Chapelle-des-Pots, le passé viking de Taillebourg… »
Les réponses des candidats : des positions contrastées
Sur la question du projet muséal, quatre des cinq candidats ont exprimé leur point de vue. Cécile Trébuchet commente : « Le maire sortant a déjà mis en place beaucoup d'éléments, avec le Centre de conservation et d'étude notamment (ex-Lidl), première condition pour avoir un musée. Mais il y a une timidité sur la vraie annonce d'un projet muséal. Tout le travail effectué sur la collection lapidaire n'est pas mis en lumière, personne n'est au courant. »
Jean-Philippe Machon se dit favorable à un musée de la romanité, mais souhaite l'implanter aux abords de l'amphithéâtre, avec une halte muséale. Cécile Trébuchet pointe une contradiction : « C'est assez antinomique avec la préservation de l'écrin de verdure au vallon des Arènes. On ne comprend pas vraiment. » Rémy Catrou (LFI, gauche radicale) soutient également un musée, mais « il loue la participation citoyenne pour la prise de décision, on reste sur notre faim », indique Joëlle Nübold. Quant à Ludovic Norigeon, candidat de l'union de la gauche, il ne veut pas « casser ce qui a été fait ». Cécile Trébuchet complète : « Il n'a pas de réelle position au sujet du musée, ni de projet fort. »
Perspectives pour le prochain mandat
L'association MédiaCtions espère que le prochain mandat municipal permettra de « accrocher définitivement un projet muséal ». Elle propose également l'idée séduisante d'un archéologue municipal qui servirait de médiateur avec les publics. Parmi les quatre candidats ayant répondu, tous affichent la volonté de clarifier la structure de la direction culturelle, une initiative soutenue par l'association. « Actuellement, il s'agit plus d'une organisation de service autour de la culture et du patrimoine, répartie en plusieurs entités, mais pas une grande direction centralisée unique. »



