L'uniforme au travail : une histoire de pouvoir et d'identité
L'uniforme au travail : pouvoir et identité

L'habit fait le moine. Dès qu'ils enfilent le costume de leur personnage, les comédiens assurent que la moitié du parcours est accomplie et leur crédibilité déjà confortée. De tout temps, ecclésiastiques et militaires ont tiré leur autorité en partie de leur panoplie vestimentaire. Le monde du travail a fini par s'inspirer de ce modèle des uniformes, avec, parfois, des raffinements de distinction dont on s'étonne qu'ils aient pu être spontanément perçus par le commun des mortels.

Une exposition au Musée postal

Jusqu'au 22 septembre, une exposition au Musée postal, à Paris, en face de la gare Montparnasse, facile à trouver pour les Aquitains qui montent à la capitale par le train, retrace l'évolution des tenues de travail. De leur progressive instauration et de leur généralisation au XIXe siècle à leur remise en cause au XXe siècle, jusqu'à l'avènement aujourd'hui des piercings et tatouages qui aurait foudroyé de stupeur nos aînés.

Les débuts sous Napoléon III

Sous Napoléon III, le gratin de l'administration doit, par son habit distinctif, forcer le respect. Louis XVI ouvre le bal, décrétant l'uniforme obligatoire pour les agents du service royal de la poste aux chevaux, mais à leurs frais. Les directeurs départementaux des Postes, par exemple, outre la redingote et le bicorne, portent l'épée.

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La IIIe République et l'évolution des tenues

La IIIe République renouvelle le vestiaire des grands corps d'État. Même les facteurs ruraux font leur tournée en haut-de-forme, plus tard en canotier. Des aménagements sont consentis, comme le port du béret basque pour la distribution du courrier en montagne. Les compagnies de chemin de fer, grandes consommatrices d'uniformes divers et variés, autorisent le manteau en peau de chèvre pour les conducteurs confrontés au froid.

Matériaux et couleurs

La blouse des campagnes, ample et solide, le tablier de rigueur dans les boutiques servent de vêtements de protection, cousus à la maison ou par des couturières, avant l'avènement de la confection en série. Les couleurs réglementaires varient : bleu de roi, bleu de soldat, rouge garance, alizarine, kaki. Les tissus évoluent : tergal, nylon, moleskine, viscose, polyester. Les PTT (Postes, télégraphes et téléphones, devenus Postes et télécommunications en 1959) et la SNCF, Air France font appel à de grands couturiers. Montre-moi tes tenues de travail, je te dirai ce que tu faisais.

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