Luis Miguel Encabo, l'ancien torero devenu directeur de la ganaderia Baltasar Iban
Luis Miguel Encabo, ex-torero à la tête de Baltasar Iban

Luis Miguel Encabo, de l'arène à la direction d'une ganaderia légendaire

Luis Miguel Encabo, ancien torero de référence dans les corridas dures, a opéré une transition remarquable en prenant les rênes de la célèbre ganaderia Baltasar Iban. Depuis le cortijo Wellington, au nord de Madrid, cet homme qui officie également comme commentateur pour la télévision espagnole, partage son parcours et sa vision pour cet élevage emblématique.

Une passion qui se transforme en responsabilité

Comment avez-vous pris la direction de cette ganaderia renommée ? interroge-t-on l'ancien matador. « Je venais tienter ici chaque année depuis 1994. J'ai toujours été fasciné par cette ganaderia, le comportement de ses toros, sa finca et sa proximité avec Madrid, en tant que Madrilène », confie-t-il. Une amitié profonde s'est nouée au fil du temps avec Cristina Moratiel, alors à la tête de l'élevage, et son mayoral Domingo Gonzalez.

« J'avais obtenu un pourcentage de vaches bien supérieur à celui des autres toreros, car j'ai eu de la chance et je tientais souvent », précise Encabo. Il y a cinq ans, lorsque Cristina Moratiel a souhaité prendre du recul, elle lui a proposé de reprendre la direction. « C'était un cadeau merveilleux, comme si j'avais gagné au loto », s'enthousiasme-t-il. Aujourd'hui, le propriétaire est son frère José Antonio Moratiel depuis un an et demi, et il a maintenu sa confiance en Encabo.

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Les origines et l'évolution de l'élevage Baltasar Iban

La ganaderia a été fondée par Don Baltasar Iban avec des vaches issues de Machaquito, elles-mêmes dotées de l'encaste Contreras. Par la suite, l'acquisition de Guateles, mélangé à du Juan Pedro Domecq auprès de Mario Antonio Fonseca, a permis de créer un croisement exceptionnel. « Ce mélange fonctionnait parfaitement et c'est ainsi qu'est né l'encaste Baltasar Iban », explique le directeur. Actuellement, l'élevage compte 190 vaches de ventre et une dizaine de sementales, assurant une production régulière et de qualité.

Régularité et ambitions pour les temporadas

Comment se sont déroulées les dernières saisons ? « Nous sommes très satisfaits car la ganaderia a atteint une grande régularité », répond Encabo. L'an dernier, trois toros importants ont été lidés, et un « Bastonito », combattu par Francisco de Manuel, s'est distingué à la San Isidro il y a deux ans. « Tout le monde se souvient du grand 'Bastonito' de Cesar Rincon en 1994. Ce toro incarne parfaitement ce que nous recherchons dans cette finca : un animal encasté mais moderne, avec plus de classe et de noblesse, tout en conservant sa bravoure », souligne-t-il. Ce toro a d'ailleurs remporté de nombreux prix à Madrid.

« Nous disposons de trois sementals qui garantissent une grande régularité et une sécurité accrue dans la production de nos toros », ajoute Encabo. Cependant, il reconnaît que les ganaderos sont d'éternels insatisfaits. « Si lors d'une corrida nous présentons deux grands toros, nous en voudrions quatre. Et quand nous en avons quatre, nous visons six. C'est cette exigence constante qui nous pousse à nous améliorer ».

La temporada 2026 : retour à Vic-Fezensac et ambitions renouvelées

Comment se présente la saison 2026 ? « Nous ferons notre retour à Vic-Fezensac pour la Pentecôte, après les succès de nos précédentes venues dans le Gers », annonce Encabo. L'élevage ne s'y était pas produit depuis deux ans, car la priorité restait Madrid. « En 2026, nous n'avons pas suffisamment de toros pour la San Isidro, ce qui nous permet de revenir à Vic avec beaucoup d'ambition ».

La ganaderia prévoit également deux autres corridas de toros, dont les organisateurs dévoileront les détails prochainement, ainsi qu'une participation à la Copa Chenel. « Nous aurons trois ou quatre novilladas, où nos toros sont très demandés par les aficionados en France et en Espagne. Cela nous permet de lidier des animaux qui ne possèdent pas les armures ou le trapio nécessaires pour les arènes de première ou deuxième catégorie », détaille le directeur.

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Rôle d'apoderado et impact de la télévision gratuite

Parallèlement à la gestion de la ganaderia, Luis Miguel Encabo est l'apoderado de Juan de Castilla, un torero en pleine ascension dans les corridas dures. « Juan est un torero doté d'une grande capacité de sacrifice et de qualités incroyables. Il se remet rapidement de sa blessure à Manizales cet hiver. Il a des idées très claires sur les corridas où il doit se produire et en est très fier. C'est un torero au bon concept et avec une main gauche magnifique », vante-t-il.

En tant que commentateur pour TV Madrid, Encabo observe également l'impact de la diffusion gratuite sur la tauromachie. « Avoir un canal taurin privé est crucial pour la Fiesta. L'arrivée des chaînes gratuites inquiétait initialement le monde taurin, qui craignait une baisse de fréquentation des arènes. Mais l'impact de cette diffusion plus massive est incroyable. Nous l'avons constaté l'an dernier lors de la Feria de Madrid, où des personnes moins aficionadas sont venues assister aux corridas. Sans la télévision, nous n'existons pas », conclut-il, soulignant l'importance des médias pour la pérennité de la tradition taurine.