Les Jardins de la paix des Hauts-de-France se sont imposés sur la scène européenne du patrimoine. Ce parcours paysager, déployé le long de l’ancienne ligne de front de la Première Guerre mondiale, a reçu le Prix européen du patrimoine/Prix Europa Nostra 2026 dans la catégorie « Engagement des citoyens et sensibilisation ».
Un réseau de 30 jardins contemporains
Créé en 2018 à l’occasion du centenaire de la fin de la Grande Guerre, ce réseau de 30 jardins contemporains s’étend de la Belgique aux régions des Hauts-de-France et du Grand Est. Porté par l’association Art & Jardins Hauts-de-France, le projet investit des sites emblématiques comme Péronne, Thiepval ou la clairière de l’Armistice à Compiègne, en mêlant création artistique et mémoire historique.
Des projets récompensés dans toute l’Europe
Le jury, réuni par Europa Nostra - la fondation européenne du patrimoine culturel - et la Commission européenne, a salué « un concept puissant et un fort symbolisme transfrontalier », soulignant sa capacité à relier patrimoine matériel et immatériel, tout en sensibilisant les jeunes générations, peut-on lire dans un communiqué de la région Hauts-de-France. « L’Europe ne décerne pas beaucoup de prix, c’est une vraie reconnaissance. Notre objectif est d’atteindre le nombre de 40 jardins de la paix en France et ensuite d’étendre le projet à d’autres conflits, dans toute l’Europe », explique Gilbert Fillinger, directeur de l’association Art & Jardins Hauts-de-France.
Les Jardins de la paix sont désormais en lice pour le Prix du public, soumis à un vote international en ligne jusqu’au 12 mai, avec à la clé une dotation de 10 000 euros. Au total, 30 initiatives issues de 24 pays ont été distinguées. 261 candidatures recevables avaient été soumises cette année par des organisations et des particuliers issus de 40 pays européens. La cérémonie de remise des prix se tiendra le 28 mai à Nicosie, à Chypre.
Maryna Hrytsenko, héros du patrimoine
Tous les projets récompensés illustrent la diversité du patrimoine culturel européen : Dans la catégorie « conservation », la restauration de l’Opéra d’État de Budapest ou encore la reconversion de la friche ferroviaire « DumBO » à Bologne sont récompensés pour leur équilibre entre préservation et nouveaux usages. Dans la catégorie « recherche », le projet « Cypriot Fiddler » à Nicosie documente la mémoire des derniers musiciens traditionnels de l’île, tandis que des initiatives éducatives comme la sauvegarde de la dentelle de Dobrota au Monténégro participent à la transmission de savoir-faire menacés.
Europa Nostra a aussi rendu un hommage marquant avec l’attribution d’un prix à titre posthume à Maryna Hrytsenko, conservatrice ukrainienne morte en 2025 après avoir sauvé des milliers d’œuvres au début de la guerre et rejoint le front comme auxiliaire médicale, incarnant un engagement exceptionnel en temps de conflit.



