François Ier et Cognac : une histoire intime et méconnue
Dans les archives de l'histoire, François Ier demeure le plus célèbre des Valois. Le 24 février 1525, il perd la bataille de Pavie en Italie et est fait prisonnier par l'armée de Charles Quint. Né à Cognac le 12 septembre 1494, il a peu vécu sur les bords de Charente, mais y a gardé des liens privilégiés. Cinq siècles après son avènement, François Ier (1494-1547) reste l'un des rois les plus populaires de France. Protecteur des arts, prince chevalier et monarque bâtisseur, il était né à Cognac. Mais que sait-on vraiment de sa vie ici, sur les rives de la Charente ? Ouvrons les livres d'histoire.
Les légendes de la naissance et une enfance studieuse
La légende veut que François Ier soit né sous un orme. L'historien André Castelot rapporte que Louise de Savoie, comtesse d'Angoulême, se fit porter sous un arbre pour accoucher. Franck Ferrand précise que la naissance eut lieu le 12 septembre 1494 à dix heures du soir. Adulé par sa mère et choyé par sa sœur Marguerite, François fut élevé en futur souverain, bien qu'il ne fût pas l'héritier direct du trône jusqu'à l'âge de 4 ans. Il grandit dans un univers très féminin, perdant son père à quinze mois.
Son enfance fut studieuse : il apprit le latin, l'italien, la mythologie, joua du luth et se passionna pour les récits de voyage et les romans chevaleresques. Il excellait aussi aux activités de plein air, comme le tir à l'arc et les jeux guerriers.
Le départ précipité de Cognac et les faveurs royales
En 1498, à la mort de Charles VIII, Louis XII succède et, n'ayant pas d'héritier, il appelle à résidence Louise de Savoie et ses enfants à Amboise. Devenu roi, François Ier n'oublie pas son pays natal. Dès son avènement, il érige le comté d'Angoulême en duché, y ajoutant des terres comme Jarnac et Châteauneuf. Il accorde à Cognac et Angoulême des exemptions et privilèges, en faisant un « paradis fiscal » selon le médiéviste Jean Glénisson. Il nomme aussi des vassaux de la maison d'Angoulême à des postes clés de l'État.
Les retours à Cognac et la Ligue de Cognac
François Ier est revenu à Cognac à plusieurs reprises. En 1520, il y donne un banquet fastueux pour cardinaux et ambassadeurs, coûtant une fortune. En 1526, après sa captivité à Madrid, il fait halte à Cognac pour se ressourcer. C'est là que, sous l'initiative de Louise de Savoie, se forme la Ligue de Cognac, une alliance contre Charles Quint, marquant le début de la septième guerre d'Italie. En 1530, il s'arrête avec son épouse Éléonore d'Autriche, perçant une nouvelle voie en ville, l'actuelle rue de la République.
Le mythe du cognac et l'héritage historique
Contrairement à la publicité, François Ier n'a jamais bu de cognac, car cette eau-de-vie n'existait pas au XVIe siècle. Son invention date du XVIIe siècle. Le négoce cognaçais s'est emparé de son image au XIXe siècle, bien que Napoléon soit plus utilisé pour promouvoir le spiritueux. Les sources historiques, comme les ouvrages de Jean Jacquart et Franck Ferrand, éclairent cette relation complexe entre le roi et sa ville natale.



