Breil-sur-Roya : la renaissance de la Maison Guidi, un chantier de précision achevé en septembre
Breil-sur-Roya : la Maison Guidi renaît, chantier fini en septembre

Breil-sur-Roya : la Maison Guidi, un symbole historique renaît de ses cendres

À Breil-sur-Roya, le chantier de l’immeuble Guidi, situé sur la place Brancion, sera terminé et livré en septembre prochain. Vidée et évacuée depuis 2010, cette bâtisse emblématique du centre historique fait l’objet de travaux de restauration avancés depuis octobre 2025. Près de la moitié du bâtiment, sa partie la plus endommagée, a été démolie, et des micropieux ont été installés à quinze mètres sous terre pour assurer sa stabilité.

Un bâtiment aux mille vies fragilisé par le sol

La Maison Guidi a connu de nombreuses affectations au fil des siècles : caserne des chasseurs alpins, pharmacie, cabinet médical, épicerie, pizzeria, logements... avant de devenir un géant de pierre à l’abandon, symbole d’un centre historique figé. Ce mardi 21 avril, en marge de l’inauguration du quartier de l’Isola, le maire Sébastien Olharan a présenté l’avancée du chantier au préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, soulignant son importance pour la dynamique post-tempête de la commune.

Les travaux ont été rendus nécessaires par d’importantes fissures liées à un affaissement du sol, provoqué par la présence de gypse dans le sous-sol, une roche qui se dissout au contact de l’eau. « C’est le premier bâtiment à avoir subi les effets des mouvements de terrain », rappelle le maire. La rénovation s’apparente ici à un véritable travail de précision, similaire à celui entrepris pour le quartier de l’Isola.

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Une technique minutieuse pour préserver le patrimoine

Pour stabiliser l’édifice, les équipes ont opté pour une méthode particulièrement délicate. « Nous allons créer une soixantaine d’ancrages verticaux à l’intérieur du bâtiment, à quinze mètres de profondeur », explique un ouvrier du chantier. « Ensuite, on reconstruit des murs à l’intérieur, reliés à ces ancrages. En fait, on crée une maison à l’intérieur de la maison, pour conserver l’aspect historique tout en assurant la solidité. »

Le chantier a dû surmonter plusieurs obstacles : l’état fragile du bâtiment abandonné pendant des années, et la nécessité d’intervenir dans le centre historique sans utiliser de gros engins pour ne pas fragiliser les constructions voisines. « Ici, on ne pouvait pas tout taper d’un coup. Il a fallu déconstruire plutôt que démolir », précise l’élu sous son casque de chantier. « Petit à petit, on cassait, on renforçait, on cassait à nouveau... »

Le bâtiment était maintenu par d’imposantes structures métalliques provisoires et des liernes, qui ont été retirées progressivement après renforcement de l’intérieur. Au final, une grande partie de l’immeuble a dû être démolie, réduisant sa taille de moitié. Une fois la structure sécurisée, le projet prévoit de redonner à la maison son apparence d’origine avec une façade reconstruite en trompe-l’œil, fidèle à l’histoire du lieu. « Le but, ce n’est pas d’avoir un bâtiment mort, mais qui semble vivant et utilisé. »

Un investissement conséquent pour l’avenir du village

Le coût total des travaux s’élève à 3,5 millions d’euros, répartis entre des subventions étatiques et du conseil départemental, auxquels s’ajoute une enveloppe de 1,1 million d’euros engagée par l’État pour l’acquisition du bâtiment. Ce chantier n’est pas isolé : dans le centre historique, plusieurs bâtiments sont menacés par la présence de gypse dans le sous-sol. Une étude est en cours pour évaluer la vulnérabilité des sols et des constructions, déterminant les bâtiments à démolir ou à consolider avec des techniques similaires à celles utilisées pour la Maison Guidi.

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L’objectif est de sécuriser durablement le village tout en préservant son patrimoine. Au-delà de ce chantier, Breil-sur-Roya travaille à sa transformation depuis la tempête, avec la réhabilitation de logements rue de Turin, la création d’un tiers-lieu sur une friche ferroviaire pour accueillir associations et artisans, et la revégétalisation des berges de la Roya. Pour le maire, « Mon obsession, c’est l’image que renvoie Breil. Quand quelqu’un passe ici, qu’est-ce qui lui donne envie de s’arrêter ? » Avec la renaissance de la Maison Guidi, le village espère bien apporter une première réponse convaincante.