Vincent Delerm à Nîmes : la célébration au cœur de son spectacle
Vincent Delerm à Nîmes : la célébration au cœur de son spectacle

Le chanteur Vincent Delerm présentera son spectacle La Fresque, samedi 3 octobre à 20 heures au théâtre Bernadette-Lafont, place de la Calade, à Nîmes. Ce spectacle, tiré de son huitième album, explore l'idée de célébration, un fil conducteur de toute sa carrière.

Une célébration du présent et des gens

Interrogé par Midi Libre, Vincent Delerm revient sur sa chanson Les Filles de 1973, sortie il y a plusieurs années. « Quand elle est sortie, cette chanson était déjà condamnée en termes mathématiques », confie-t-il. « C'était l'idée, espérer pouvoir la chanter longtemps, jusqu'à ce que ce soit un peu drôle. » Il explique que l'essentiel réside dans les couplets, qui restent toujours valables, tandis que le refrain, au présent, célèbre l'instant.

« Ce qui compte, c'est de vouloir célébrer les choses, les gens, la vie », poursuit l'artiste. « Cela passe par célébrer aussi le présent en permanence. » Cette célébration fait émerger le temps qui passe, un thème récurrent dans son œuvre. Il souligne aussi le plaisir de la relation avec son public, qui se souvient des débuts.

L'idée de célébration est « discrète, mais c'est le ressort de tout ce que j'ai fabriqué depuis le début », affirme-t-il. Son objectif : « que les gens ressortent de la salle en se disant, c'est fou, on est en vie, on peut tomber amoureux, on peut voir des amis, aller voir des spectacles, sentir cette vitalité ». Il déplore que « tout ce qui fonctionne paraît normal » et qu'on soit « très pollué par les deux ou trois trucs les plus compliqués ».

Une fresque orchestrale et émotionnelle

Le titre de l'album impose une ambition musicale : « À partir du moment où le titre était trouvé, j'étais obligé d'avoir un truc un peu ample et ambitieux orchestralement », explique Vincent Delerm. Il évoque un « petit fantasme de jeunesse » lié à la musique de films, aux envolées et aux émotions. Sa seule visée : « que ce soit touchant ».

La chanson Plusieurs illustre son écriture caractéristique. Elle repose sur l'idée que « toutes ces choses qu'on pourrait penser qu'on est les seuls à ressentir » se révèlent finalement partagées. « C'est une idée que j'aime beaucoup et qui est au cœur des spectacles », précise-t-il. Il oppose les grands événements collectifs aux « choses plus ténues qu'on pensait être les seuls à aimer ».

Le chanteur aborde également le 13-Novembre dans son spectacle, à travers le regard des enfants. Il explique : « Ce sont des sujets sur lesquels tout le monde peut s'engouffrer à chaud. » Il préfère attendre, pour éviter de « dire la même chose que les chaînes d'info ». Il évoque la génération de ses enfants, marquée par le Bataclan, l'arrivée de Trump, le réchauffement climatique et le confinement, une génération à laquelle « il a fallu beaucoup parler ».

Photographie et hommages

Vincent Delerm, également photographe et réalisateur, voit une différence entre ces pratiques. « Écrire, cela fait appel à la durée et à la répétition », explique-t-il, tandis que la photographie repose sur l'immédiateté. Il note toutefois un point commun : « le souci de pointer du doigt des choses qui pourraient paraître anecdotiques et qui finalement révèlent quelque chose d'important ».

Dans son spectacle, une apparition de Jean-Jacques Goldman surprend. « Cela s'est vraiment fait sur la durée », raconte Delerm. Goldman, venu voir ses spectacles dès la première tournée, s'est montré discret. « Son attitude, sa manière de rester à sa place, ne pas intervenir à tort et à travers ont été importantes », ajoute-t-il. Il le qualifie de « remarquable », soulignant sa rigueur et son talent. Delerm ne l'avait jamais sollicité, mais ce spectacle rend hommage aux gens qui ont compté pour lui.

Enfin, Vincent Delerm, grand admirateur de François Truffaut, revient sur Les Mistons, tourné à Nîmes en 1957. « C'est vraiment un drôle de film, c'est un peu une curiosité », dit-il. Il y voit déjà la passion de Truffaut pour filmer les enfants, ainsi que sa relation à la littérature, avec la voix off et l'adaptation. Pour lui, ce film contient « certaines clés pour ceux qui s'intéressent à son cinéma ».

Le spectacle La Fresque se déroulera samedi 3 octobre à 20 heures au théâtre Bernadette-Lafont, place de la Calade, à Nîmes. Les tarifs vont de 9 à 33 euros. Réservations au 04 66 36 65 10.